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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 08:30

 

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

XIII Mystery t.01

 

Xavier Dorison et Ralph Meyer

 

Ed. Dargaud, 2008

 

 

Couv-finale.jpg

 

 

 

  Dossier téléchargeable :  http://dl.free.fr/qkEV5b2NR

 

 

 

·        L’intrigue en résumé :

 

         Sur le yacht LadyBee, on attend l'arrivée de XIII qui doit récupérer l'argent de son forfait. Mais l'homme qui arrive n'est pas celui attendu. Après avoir éliminé le personnel de bord, le tueur raconte son histoire à Kim Rowland, maintenue prisonnière sur le bateau, et explique comment il est devenu "La Mangouste"...

 

 

 

 

 Van Hamme, l'écriture dans la peau :

 

 

 

   Imaginée par le romancier et scénariste Jean Van Hamme (auteur des séries Thorgal et Largo Winch) et mise en images par William Vance dès 1984, la saga XIII raconte à l'origine l'histoire d'un inconnu retrouvé sur une plage, blessé par balle à la tempe gauche et ayant le chiffre XIII tatoué au-dessus de la clavicule. Il apparaît ensuite que cet homme a totalement perdu la mémoire des événements antérieurs à son réveil. Commence alors pour lui une quête vers la vérité au cours de laquelle il se verra impliqué dans un complot néofasciste, une révolution en Amérique Latine, pourchassé par des tueurs et par la justice... Il sera aux prises avec tous les « démons » de l'Amérique moderne (assassinat présidentiel (le mythe de John F. Kennedy plane sur le début de l'intrigue), Mafia, CIA, NSA, manipulations politiques de groupes industriels, corruption, Ku Klux Klan, racisme, etc.) au long de sa quête vers la mémoire, se développant sur 19 volumes dont un hors-série et un album spécial (le treizième...) auquel ce spin-off reprend justement le titre (The XIII Mystery, l'enquête, Dargaud 1999) et le prétexte narratif (dresser la fiche signalétique et la jeunesse de chaque personnage).

 

 

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 Saga éminemment populaire, XIII tire sa force d'une trame scénaristique reprise au romancier américain Robert Ludlum dans sa trilogie Jason Bourne (La Mémoire dans la peau, La Mort dans la peau et la Vengeance dans la peau (1980, 1987 et 1990) tous récemment adaptés avec brio au cinéma (de 2002 à 2007), tandis que les premiers albums de BD était adaptés pour le petit écran en une minisérie de deux épisodes. Certains reprocheront cet emprunt « voyant » fait par Van Hamme à Ludlum, mais ce serait à l'évidence réduire l'impact psychologique de la saga XIII, premier thriller adulte de la bande dessinée contemporaine, sur des générations de lecteurs, et nier la création graphique par Vance d'une galerie de personnages désormais emblématiques du genre. Si la trilogie de Ludlum se déroule par ailleurs essentiellement dans le contexte politique des années 1980, Van Hamme a réussi à donner à sa série une valeur dépassant le cadre temporel des années 1980-1990, durée pendant laquelle treize ( !) des dix-neuf albums auront été réalisés.

 

 

Image1.jpg

 

 

  DERNIER-ROUND.jpg

 

  Après avoir signifié son intention d'arrêter la série et de donner enfin une identité au héros, et après une double parution événementielle en 2007 (les albums 18 (dessiné par Jean Giraud) et 19 (dessiné par William Vance) étant publié chacun à 500 000 exemplaires), Van Hamme s'est posée la question d'une éventuelle série dérivée (spin-off) : cette dernière devait notamment permettre d'éclaircir les origines, la psychologie et les buts des seconds-rôles de la saga.

 

 

  Van Hamme décide donc dès 2007 de garder un œil sur ses personnages avec fonction de directeur de collection. Il reste ainsi garant de la cohérence du titre quand bien même son mot d'ordre reste « Messieurs, étonnez-moi ! ». La règle de XIII Mystery, simple et ludique - mais pas sans risque - n'est pas sans évoquer l'expérience éditoriale menée par les éditions Dupuis sur le personnage de Spirou : un one shot (album unique) par personnage, des auteurs différents pour chaque titre, à charge pour chacun d'apposer sa patte au mythe. Pour ce premier jet, honneur donc à la Mangouste, personnage clef dont les destinées ont été confiées à un duo de choc, le scénariste Xavier Dorison (Le Troisième Testament, Sanctuaire, WEST, Long John Silver) et le dessinateur Ralph Meyer (Berceuse assassine, IAN). Des retrouvailles avec un « méchant » d'anthologie, présent dès les origines de la série (Le Jour du Soleil Noir, Dargaud, 1984), et qui fut définitivement abattu dans l'album Le jugement, paru en 1997 (Dargaud).

 

 

 

 

·      Questionnaire pour les élèves :

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

NIVEAU 1

 

-    Quel est le titre de cet album ?

Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

-  Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

-  Que représente l’illustration principale ? (la décrire)

 

-  Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-   Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?

Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

 

NIVEAU 2

 

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après ce titre et ce visuel, imaginez en

quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-   Trouver le rapport le plus évident entre le titre et l’illustration.  Quels détails peuvent

indiquer un récit du genre « thriller» ou « policier/espionnage » ?

 

-  Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

 

NIVEAU 3

 

-   Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait

elle lourde ou légère ? Expliciter vos choix.

   

-   Que connote le titre de l’album, La Mangouste ?

 

-   Chercher de la documentation sur le romancier Robert Ludlum et tentez de vous

interroger sur les valeurs morales des deux personnages récurrents de la saga que sont

XIII/ « Jason Bourne » et la Mangouste.

 

 

 

·     Lecture et analyse de la couverture :

 

La question immédiatement posée par le visuel de ce premier album XIII Mystery est celle du basculement des repères : le lecteur peut-il et doit-il trouver la même motivation à suivre les péripéties d’un criminel (même fictif) qu’il pouvait en avoir à suivre celle du héros traditionnel ? Des romans ou des films récents (Le Dernier Roi d’Ecosse (Kevin Mac Donald , 2006) sur la folie d’Idi Amin Dada ; La chute (Oliver Hirschbiegel, 2004), sur les derniers jours d’Adolf Hitler ; L’instinct de mort et L’ennemi Public n°1 (J.F. Richet, 2008), consacrés à Jacques Mesrine)  ont déjà tenté d’apporter des éléments de réponse à ce genre de questionnement, permettant le plus souvent de mettre en lumière la complexité de la personne humaine, confrontée aux coups du Destin et aux heurts de l’Histoire, et donc d’éviter tout manichéisme primaire. Placé sur l’axe de la parabole universelle plus que sur l’apologie ou la mise en œuvre d’une légende, de tels récits permettent d’approcher l’humain, ses déviances et ses peurs, pour en expliquer au mieux les terribles mécanismes.

 

Concernant La Mangouste, tueur à gages à l’efficacité redoutable, Xavier Dorison comme Ralph Meyer expliquent qu’il s’agissait fort justement de le replacer dans une perspective historique autant qu’un désir de vengeance « justifiable » a minina (dans l’album, les « contrats » du tueur concernent des criminels, pédophiles, maitres-chanteurs, etc.). Le questionnement philosophique est par ailleurs constant sur un double point : celui d’une société incapable de se faire justice elle-même, autant que sur les dérives de la vendetta personnelle…

 

 

logo.jpg

 

 

Revenant sur la genèse graphique de la couverture, Ralph Meyer explique :

 

  En ce qui concerne la couverture de la Mangouste, nous avons su très vite que le logo de XIII serait repris ainsi que la police de William Vance. Dès lors, nous sommes très vite partis, Xavier Dorison et moi, sur une idée très simple : jouer à fond l'utilisation de ces codes graphiques que Vance avait mis en place lui-même sur la série.

  Je pense notamment à ce vert sombre que l'on retrouve dans bon nombre de ses couvertures telles que Toutes les larmes de l'enfer ou Spads. 

 

larmes.jpg

 

spads.jpg

 

 La difficulté fut de trouver quelque chose de narratif dans une image au cadrage très basique : la Mangouste sur un fond vert.

 

 J'ai fait plein de projet au format timbre poste qui pour certains illustraient l'expression "avoir du sang sur les mains".

 

Premier-jet-coul-100dpi.jpg

 

 

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couv-mangouste1.jpg

 

 Avec Xavier, nous avons retenu ce point de départ. C'est seulement lors de croquis plus poussés qu'est venue l'idée d'avoir en contre-point du sang, une Mangouste au visage souriant, amical, presque innocent. Dans un premier temps, j'ai eu du mal à trouver le sourire juste. Je restais quand même un peu dans le rictus que l'on connaît de la Mangouste. Mais avec l'aide de Xavier qui en avait une vision très précise, on a finalement trouvé le bon dosage.

 

Je pense que c'est ce contraste qui en fait une couverture qui peut titiller la curiosité…

 

Nous avions donc déjà ce "concept" lorsque nous en avons discuté avec Jean Van hamme et Yves Schlirf (notre éditeur) qui ont accepté notre point de vue et nous ont laissé faire. William Vance était plutôt emballé également par la direction prise.

 

 

 

 

 Ayant eu la tâche difficile de créer « une manière de faire » qui a des chances d’influer sur les futurs visuels des différents albums de XIII Mystery, Dorison et Meyer livrent une couverture forte et effectivement intrigante : le titre de cette nouvelle série insiste sur l’aspect énigmatique tout en  se jouant des connaissances des lecteurs. Ceux-ci, qu’ils connaissent ou pas l’itinérance du personnage-tueur dans la saga originelle, ne manqueront pas de s’interroger sur l’origine du sang maculant la chemise de la Mangouste. Sourire et pose décontracté, arme passée dans la ceinture, ce dernier ne semble pas perturbé par cet état des choses, révélant évidemment le cynisme cruel du personnage : à ceci, le croisement des couleurs froides (vert et bleu) et chaudes (jaune et rouge) donne tout son impact, supplantant ainsi subtilement la simplicité apparente du monde derrière lequel agit le tueur, « habillé » en noir et blanc. Placé en contrepoint et en plan américain, la Mangouste renvoie enfin aux standards du duel cinématographique : si le tueur est dans son rôle d’antagoniste, où est le héros, si ce n’est dans ce jeu de regard amusé échangé comme en reflet avec le lecteur ?

 

Et vous, à la place de ce tueur en devenir, quels choix feriez-vous ?

 

 

 

 

·     Pistes supplémentaires :

 

 

-       http://www.treize.com/ : site dédié à la série (éditions Dargaud).

 

 

-      http://www.bdxiii.com/index.html : le site non-officiel de XIII.

 

 

-      Interviews écrites, audio ou vidéo de Van Hamme et Dorison (2007 ou 2008) :

 

http://www.actuabd.com/Xavier-Dorison-1-2-Avec-XIII-on-m-a-confie-un-temple-j-ai-essaye-d-y-ajouter-ma-pierre

 

http://www.france5.fr/bd/index.php?page=bd-bande-dessinee-videos&id_document=977

 

 

Programmation des albums  à venir :

 

 

 

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Xavier Dorison -  Raph Meyer/ Editions Dargaud. 2007 et 2008.

 

Les visuels sont ici reproduits avec l’aimable autorisation de Ralph Meyer.

 

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Published by philtomb - dans Déc'ouverte
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