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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 08:19

DOSSIER PEDAGOGIQUE 

 

 

 

CHUTE DE VELO

 

 

Etienne DAVODEAU

 

Editions  Dupuis - 2004

 

 

 

img0001.jpg

   

Dossier téléchargeable :  7chutedevelo.pdf

 

 

 L'auteur et l'album :

 

 

  Né en 1965, Etienne Davodeau fait partie intégrante de cette « nouvelle vague » d'auteurs complets, qui depuis une dizaine d'années, ont complètement renouvelé le panorama et les thématiques abordées dans le 9ème Art. Engagés entre fiction et récit-reportage depuis son premier scénario en 1992, les albums de Davodeau se lisent d'abord à l'aune d'une position militante affirmée. Celle-ci n'altère toutefois en rien la qualité documentaire du propos, comme en témoignent ces « récits du réel » successifs que sont Rural (2001), Les mauvaises gens (2005) ou Un homme est mort (2006 - Prix France-Info 2007 de la BD d'actualité). Largement autobiographique, le style de l'auteur permet d'ancrer sa narration dans un graphisme emprunt d'émotion qui joue dignement d'une « lecture éditoriale » du quotidien. Chute de vélo, paru en 2004, est l'album-archétype de cette double volonté fictionnelle et documentariste : chronique sociale douce-amère,  cette « chute » est celle de la découverte, à mi-mots, du secret détenu par chacun, et qui est ce lent passage vers la gravité des adultes.

 

 

 

  L'intrigue en résumé :

 

 

  Les membres d'une famille ordinaire préparent la vente de la maison de leur mère. De l'autre coté de la rue, un maçon forme son apprenti d'une bien étrange façon. Tout ce petit monde se retrouve mêlé et emmêlé dans une comédie grave, amère et légère tout à la fois.

 

 

Questionnaire pour les élèves :

 

 

La couverture d'une B.D. comporte deux messages : l'un écrit, l'autre dessiné.

 

 

NIVEAU 1

 

- Quel est le titre de la B.D.? Quel est le nom de son auteur et où ce nom est-il écrit ? Le scénariste et l'illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

- Quel est le nom de l'éditeur et de la collection ?

 

- Pourquoi, à votre avis, les mots écrits sur la couverture sont-ils de tailles différentes ?

 

- Que représente l'illustration ? (la décrire)

 

- Quelles sont les couleurs dominantes de l'illustration ?

 

- Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l'illustration ? Quelles informations supplémentaires fournit éventuellement l'image ?

 

 

 

NIVEAU 2

 

 

-  Une couverture cherche à suggérer une histoire. D'après cette couverture, imaginez en quelques lignes quelle pourrait être l'histoire racontée dans la B.D.

 

-  Tenter d'expliquer l'absence de personnages sur ce visuel. A quelles œuvres vous fait penser le thème de la ville, du village ou du monde abandonné, vides de toute présence humaine ?

 

-   Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D.? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d'une B.D. ?

 

 

  

NIVEAU 3

 

- Essayer de décrire l'atmosphère de cette couverture. Identifiez le lieu de l'action principale.

 

- «L'ambiance» de cette couverture vous parait-elle lourde ou légère ? Expliciter vos choix

 

- Pouvez-vous expliquer le rapport entre le titre et l'illustration ?

 

 

 

Lecture et analyse de la couverture :

 

 

 Chute de vélo s'offre à nous dès le visuel de couverture sous le double signe du mystère : que signifie au juste le titre et où sont les héros ? Le dessin offre un vide dérangeant et auquel le lecteur traditionnel n'est guère habitué : aucun détail, objet abandonné ou visage lointain, ne retient l'œil qui est attiré par la ligne de fuite qu'offre la vue longiligne de la rue. Tout au plus ce même lecteur remarquera une étrange correspondance entre le dessin et la collection « Aire Libre ».

 

 

 Le vide. L'absence. L'incertitude. La peur ? Quatre thèmes mis en correspondance et qui peuvent conduire à s'interroger sur la trame narrative : l'album est-il une adaptation des Enfants de Timpelbach d'Henry Winterfield (1937), où des enfants retrouvent leur village abandonné par les adultes ; est-ce une variation sur la fin du monde digne de Je suis une légende (Richard Matheson - 1954), narrant la vie du dernier homme sur Terre ? Rien de tout celà, car, là encore, aucune trace ne l'indique, ni jouet délaissé, ni trace de fuite, ni destruction de bâtiment...

 

 

  Ruelle ou rue de village ou de banlieue en zone rurale, la vue fait prioritairement penser à une carte postale récente : lieu sans âme (humaine ou animale) ni voiture, mais lieu entretenu, soigné même si l'on s'en réfère aux murs extérieurs et à la végétation, à l'exception notable de la haie ombragée sur la gauche. Les élèves ne devraient à l'évidence pas remarquer une temporalité pourtant bien marquée : la présence de la végétation et le ciel indiquent la saison estivale, qui elle-même crédibilise la rue déserte (chaleur et départs en vacances...). Il ne s'agit pas d'un récit ancien puisque les poteaux, câbles et lampadaires électriques sont tous contemporains. L'ambiance graphique de ce visuel est renforcée par le biais de teintes pastel beiges qui viennent s'opposer aux ardoises des toits noirs  environnants.

 

 

  D'où nous vient cette impression de mélancolie et de malaise ? Du titre, tout d'abord, car évoquer une « chute de vélo », c'est exprimer autant l'enfance que des souvenirs douloureux, et parler au même degré de cercle tragique inexorable que de destinée humaine. Titre qui ne se raccorde visuellement ni à un vélo ni à enfant et le rend donc d'autant plus troublant...

 

 

  Cette impression de malaise se glisse de manière subtile dans le champ visuel : notre œil est tôt ou tard accroché par la masse noire de la haie sur la gauche (côté négatif symbolique), haie visiblement mal entretenue (des branches folles dépassent) et dont l'ombre répercutée sur la route trace une courbe insinueuse du terrain situé au-delà : alors seulement nous remarquerons le portail légèrement entrouvert, comme un appel au franchissement. Frontière ou limite inscrite dans l'espace entre les deux poteaux électriques, puisque le village se trouve après, mais que notre champ d'action se situe en amont ; village situé sous un ciel bleu alors que la zone circonscrite derrière la haie est sous un ciel jaunâtre, de beaucoup plus orageux...

 

 

 Fracture ou faille spatiale signifiée, la rue se poursuit comme un courant que l'on ne serait retenir : pas de témoins, pas de témoignages, mais une certaine « image des choses », comme une carte postale, qui entre murs et clocher, se serait laisser emporter par le vent et par le temps. C'est tout l'art de Davodeau, exprimé en une couverture qui est un tableau silencieux autant qu'un long chuchotement.

 

 

 

Pistes supplémentaires :

 

 

- http://www.etiennedavodeau.com/ : site officiel de l'auteur.

 

- http://www.bdtheque.com/interview-etienne-davodeau-40.html et http://www.bruitdebulles.com/spip.php?article109: deux interviews d'Etienne Davodeau, concernant la perception de son œuvre et ses méthodes de travail.

 

- http://www.france5.fr/bd/index.php?page=bd-bande-dessinee-videos&id_document=1003: interview vidéo et dossier France 5 BD.

 

 

 

 

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

 

Images toutes Ed. Dupuis©.

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Published by philtomb - dans Déc'ouverte
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