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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 10:15

- DOSSIER PEDAGOGIQUE -

Mister Hollywood

t.01 : boulevard des illusions

 

Gihef et Eric Lenaerts,

Ed. Dupuis, 2009.

 

 


Voir image en très grande taille :
http://accel21.mettre-put-idata.over-blog.com/2/40/05/64/Mister-Hollywood/Mister_Hollywood_1_couv.jpg

Dossier téléchargeable (format PDF) : http://dl.free.fr/qEWvz6DAK


 

·     L’intrigue en résumé :

 

 Orson Wells, jeune scénariste prometteur, originaire du New Jersey, se voit proposer par son professeur d’écriture, une première expérience auprès d’un producteur hollywoodien.

 

Le jeune homme, naïf, asthmatique, multi-phobique, hypocondriaque et sujet à des crises d’anxiété, est persuadé de rencontrer facilement le succès dans la capitale du cinéma. Mais il va découvrir un milieu où il vaut mieux se méfier des lumières trop vives pour ne pas se brûler les ailes…

 

 

·     Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.


 

NIVEAU 1

 

-       Quel est le titre de cet album ? Comment pouvez-vous l’interpréter ?

 

-       Quel semble être le sujet principal de cet album ?

 

-       Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ? Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

-        Que représente l’illustration principale ? Décrire notamment les personnages, l’époque, l’ambiance générale.

 

-       Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-       Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image, en complément du nom de l’album ?

 

 

NIVEAU 2

 

-       Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après le titre et le visuel, imaginez en quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-       Trouvez le rapport le plus évident entre le titre et l’illustration. 

 

-       Cherchez la définition des termes suivants : 7ème Art, Hollywood, Walk of Fame,  Majors du cinéma/Grands Studios. Trouvez une biographie du réalisateur Orson Welles et retracez rapidement son parcours.

-        

-       Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ? En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

NIVEAU 3

 

-        Essayez de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait-elle lourde ou légère ? Explicitez vos choix.

 

-        Tentez de trouver des œuvres (romans, films, etc.) où l’intrigue est associée au contexte cinématographique : décrivez en les thématiques récurrentes (exemples : difficultés de tournages ou de financements, jalousies entre stars, interaction entre fiction et réalité, mise en abyme d’un tournage célèbre, production et essor des USA, concurrence entre les Studios, etc.).

 

 

 

·     Lecture et analyse de la couverture :

 

 Egalement dessinateur des séries carcérales Enchainés (Ed. Vents d’Ouest, 2004 à 2006) et Haute Sécurité (Ed. Dupuis, 2007 à 2009), Gihef écrit avec cet album son premier scénario en optant pour un personnage… scénariste de cinéma. Ce passionné du 7ème Art multiplie par conséquent les références et anecdotes cinématographiques, au sein d’un monde aussi impitoyable que celui des truands, puisque gangréné par l’argent, la drogue, les orgueils et les traitrises.

 

Le visuel de couverture est tout entier construit et défini par le mot contraste : en commençant par comprendre le titre, le lecteur devinera une ironique définition de l’unique personnage  mis en scène. Mister Hollywood n’est qu’un jeune novice, ayant tout à apprendre d’un monde constitué de lumières et de paillettes illusoires. Sonnant comme un qualificatif « ronflant », l’anglicisme Mister attise également le coté mystérieux de cet étrange héros dont on ignore encore tout, alors que la typographie du mot Hollywood reprend à l’identique celle des célèbres lettres géantes surplombant le quartier du même nom situé au nord-ouest de Los Angeles en Californie.




 

 Le panneau Hollywood (littéralement, « le bois de houx ») fut construit en 1923 sur le Mont Lee (partie du grand parc municipal Griffin Park), et était alors destiné à promouvoir un programme immobilier : laissées à l’abandon et restaurées en 1978, les neuf lettres du panneau (hautes de 15 mètres et larges de 9 mètres) sont aujourd’hui plus que mythiques et symbolisent toute l’industrie cinématographique américaine.

 

Sur la couverture, la magie hollywoodienne apparait bien éloignée : le titre comme l’arrière-plan noir et blanc renvoient à un passé prestigieux mais oublié, dont ne subsistent plus que des éléments épars. Une photo de starlette déchirée et les étoiles du Walk of Fame sont mises en correspondance avec les couleurs voyantes (chemise hawaïenne et tenue de touriste) portées par le personnage central : on ne sait si celui-ci se comporte en professionnel (attaché-case et regard assuré vers une hypothétique caméra grue) ou en profane (tenue décontractée, pieds sur les Stars et la voute étoilée apparaissant dans les ombres, poubelle, papiers volants et vue en plongée) au milieu de ce boulevard des illusions.

 

 Figurent sur  le Walk of Fame (la promenade de la gloire) près de 2400 étoiles portant le nom des célébrités du spectacle honorées par la Chambre de Commerce de Los Angeles : sur le trottoir anthracite du Hollywood Boulevard, depuis 1958, chaque star voit donc son nom inséré dans une étoile à cinq branches de 80 centimètres de coté, aux couleurs roses détourées de laiton. Un emblème rappelle en outre la catégorie dans laquelle la star s’est illustrée : une caméra, une télévision, une platine tourne-disque, un microphone ou un couple de masques de théâtre ancien. On distingue pour l’anecdote sur la couverture de Mister Hollywood l’étoile appartenant à l'actrice Jayne Mansfield (1933-1967), qui fut avec Marylin Monroe l'un des plus célèbres sex-symbols des années 1950.


 


 
Positionné de manière statique comme un pion sur un échiquier (voir les « cases » du trottoir et l’étoile comme un socle ou un piédestal fragile) dont il ne maitriserait ni le jeu ni les coups du sort, le « héros » n’en est pas moins offert comme tel : jeune et prêt à s’adapter, il est déjà présenté comme une étoile en devenir, au-delà des désillusions artistiques ou sentimentales induites par un système foncièrement prédateur. N’oublions pas non plus qu’il porte le nom d’un des génies du Cinéma : le  visionnaire et incisif producteur, réalisateur et acteur Orson Welles…

 

  Voici comment le scénariste Gihef définit son propre alter ego de fiction, Orson Wells, qui cumule donc dans son être les deux noms du réalisateur Welles et du romancier H.G. Wells, tous deux créateurs de La Guerre des Mondes (1898 pour le roman de Science Fiction, et 1938 pour la fameuse émission radiophonique) :

 

Orson est un jeune scénariste doué, originaire du New Jersey. Sa vie serait bien facile s’il n’avait autant de problèmes personnels. Il est asthmatique, multiphobique et sujet à des crises de panique fréquentes. Autant dire qu’il n’a pas choisi le meilleur environnement pour améliorer sa condition de vie. Los Angeles est une des villes les plus polluées au monde et l’industrie cinématographique est un milieu très stressant.


Il fait un peu figure d’un poisson qui s’efforce de vivre hors de l’eau. Ce mode de vie lui est très néfaste, il le sait, mais il ne pourrait s’imaginer faisant autre chose.


 
C’est son père qui lui a donné son prénom (pour l’anecdote, j’ai failli l’appeler Gary Grant). Il trouvait l’homonymie amusante, et était féru de cinéma avant de rencontrer la mère d’Orson. Cette dernière est la source de la plupart des problèmes d’Orson. C’est une femme acariâtre et manipulatrice. A partir du tome 2, elle jouera un rôle plus important.

 


 
Extrait de l’interview donné sur le site Graphivore.be (Décembre 2008).



 Le visuel de couverture place le récit d’apprentissage comme une offre et un possible, invitant le lecteur à mettre ses pas dans ceux du personnage, pour une ascension suggérée du trottoir vers les cimes hollywoodiennes : blanc et noir, rouge et gris, ce parcours se fait entre la vie et la mort, la folie du succès et l’autodestruction de la chute (voir la photo déchirée d’une probable « starlette d’un jour »). Dans la magie du spectacle local, tout n’est qu’illusion d’optique, trucages et effets de manche : le héros, à priori, saura percevoir et comprendre, en allant plus loin, le tête tournée vers les étoiles.
 

 

 

 

 

·     Pistes supplémentaires :

 

 

-    http://www.dupuis.com/catalogue/FR/s/1756/mister_hollywood.html  : page consacrée à l’album sur le site des Editions Dupuis.

 

-     http://www.bedeo.fr/index.php?/bedeo/Data/Evenement-BD/Les-entretiens-Bedeo/Gihef-et-Lenaerts-a-la-conquete-d-Hollywood-64105/(offset)/0 et  http://www.graphivore.be/news.php?idnews=1810 : deux interviews des auteurs, en rapport avec la parution de cet ouvrage.

 

-      http://fr.wikipedia.org/wiki/Walk_of_Fame_(Hollywood) : description du Walk of Fame hollywoodien.

 

-      http://cinemaclassic.free.fr/hollywood.htm : tout sur Hollywood, les Grands Studios, les Oscars, etc.

 

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Editions Dupuis, Gihef et E. Lenaerts, 2009.

 

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Published by philtomb - dans Déc'ouverte
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commentaires

Gihef 04/09/2009 16:01

Hello. Je me demandais s'il était possible de lire quelques unes des épreuves écrites par vos élèves (si j'ai bien compris le but de votre exposé). Je suis très intéressé. :o)
En tout cas, c'est du beau boulot, merci beaucoup. Il y a cependant une petite info erronée: l'étoile sur laquelle se tient Orson n'est pas celle de l'acteur (dont je n'avais jamais entendu parler, comme quoi, je ne suis pas si pointu que ça), mais de l'actrice Jayne Mansfield, dont le dessinateur s'est inspiré pour le personnage de Candy Lapointe. ;o)

@bientôt,

Gihef.

philtomb 12/09/2009 13:37


Je vais modifier le dossier en conséquences , car en cherchant à qui pouvait bien appartenir ces initiales, je n'ai même pas songé à la réponse la plus évidente  après avoir lu l'album(Jayne
Mansfield, donc...). un comble !

Pour les élèves, je n'ai pas personnellement travaillé avec eux sur ce dossier, mais si un enseignant l'a fait et souhaite communiquer sur ses travaux, ce sera avec plaisir.

Amicalement

Phil. Tomblaine


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