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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 13:45

Nouvelle rubrique ("L'art de...") et 1er sujet développé

pour le site BDzoom :

la couverture de Texas CowBoys

par Lewis Trondheim et  Matthieu Bonhomme (Dupuis, 2012) :

 

c'est à lire sur :

 

http://bdzoom.com/53001/non-classe/la-couverture-de-%C2%AB-texas-cowboys-%C2%BB-t1-par-matthieu-bonhomme-et-lewis-trondheim/

 

http://www.salondesouvragessurlabd.com/Images/part-logo-BDZoom.gif

 

http://i2.cdscdn.com/pdt2/7/2/1/1/700x700/9782800152721/rw/texas-cowboy-the-best-wild-west-stories-publi.jpg

 

 

A suivre, une nouvelle analyse de couverture ou d'oeuvre chaque jeudi après-midi.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 13:20

Ce petit mot tout d'abord pour excuser (une nouvelle fois !) l'absence et le retard dans les publications prévues.

 

De bonnes nouvelles malgré tout  - avec quelques surprises à venir à la rentrée - dont  

la mise en ligne enfin HEBDOMADAIRE d'analyses de couvertures

...

dans une NOUVELLE rubrique dédiée

sur le site BDZoom !!!!

 

1ère chronique (analyse de la couverture de Texas CowBoys) en ligne JEUDI 13 SEPTEMBRE.

 

 

 

Parmi mes travaux personnels, l'ouvrage consacré au décryptage "mythologique" de la saga Spirou (Spirou aux sources du S... , désormais volontairement non disponible) devrait retrouver une seconde jeunesse en 2013,

75 ans du personnage obligent.

 

A venir aussi, une grande exposition consacrée au thème de la 2ème Guerre mondiale dans la BD, appuyée sur un ouvrage dédié toujours en cours de réalisation.


A suivre !

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 08:27

 

- DOSSIER PEDAGOGIQUE -

 

Gringos Locos 

Schwartz & Yann

 

Dupuis, 2012

 

GringosLocosCouvdef

 

 

    Dossier à télécharger ou lire en ligne :

 

 

 


L'intrigue en résumé 

 

 Inquiet de l'avancée du communisme en Europe, le dessinateur de bande dessinée Jijé (pseudonyme de Joseph Gillain) décide de quitter le vieux continent avec sa famille. Ses deux amis dessinateurs Franquin et Morris ayant décidé de le suivre, tout ce petit monde débarque à New York en 1948. Ayant acquis une veille Ford Hudson, ils sillonnent les Etats-Unis de la côte est à la côte ouest, dans l'espoir de se faire engager par les studios Disney. Peine perdue, en cette période où Disney licenciait plus qu'il n'embauchait. Voyant son visa touristique expirer, Gillain décida de s'installer quelques mois au Mexique avec sa famille, bientôt rejoint par ses deux compagnons.

 

 

Questionnaire pour les élèves

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

On pourra observer avec les élèves le schéma de progression suivant, en leur ayant soumis ou non le résumé de cet album :

 

A.   Etude des textes et paratextes

 

1.    Relevez le titre et sa typographie.

Que nous apprend-il sur le genre du récit ?

Quelles hypothèses de lecture peut-on en tirer ?

 

2.    Quels renseignements supplémentaires, notamment géographiques, nous donnent les mots du titre ainsi que  le décor principal ?

 

3.    Relevez le(s) nom(s) du ou des auteur(s).

Leur rôle respectif est-il renseigné (vérifier en page de titre si ce n’est pas le cas) ?

Les noms de l’éditeur ou de la collection apparaissent-ils ?

 

B.   Etude des images et dessins

 

4.    Décrire l’illustration principale, sans commenter ni juger :

-       Plan employé (vue d’ensemble, plan moyen ou gros plan) ?

-       Cadrage (visée frontale, plongée ou contreplongée, oblique) ?

-       Profondeur de champ (1er plan, 2nd plan, arrière plan) ?

-       Présence d’un hors champ ou d’une vue subjective ?

-       Couleurs dominantes ?

-       Présence ou non de personnages identifiables ?

-       Lieux, époque et actions ?

 

5.    D’après l’ensemble des éléments dessinés listés (1ère et 4èmes de couvertures), quelles hypothèses de lecture peut-on désormais formuler ?

 

6.    Quelles informations trouve-t-on éventuellement à la fois dans le titre de l’album et dans l’illustration principale ?

Quelles informations supplémentaires donne l’image ?

 

7.    Que suggèrent les couleurs employées ?

 

8.    Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?


 

couvertureluxe

 

GringosLocos02

Couverture finalisée et dessin original pour l'édition tirage de tête en grand format (2012).

 


Lecture et analyse de la couverture 

 

« C’était une telle odyssée qu’on vous la racontera un jour » disait souvent Franquin lorsque venait sur le tapis ces quelques mois passés aux Etats-Unis puis au Mexique de 1948 à 1950, aux côtés de deux autres futurs monuments de la bande dessinée franco-belge. Grâce à Yann et Schwartz, c’est aujourd’hui chose faite. Portée par le dessin vintage de Schwartz, Gringos Locos est une déclaration d’amour à l’âge d’or de la BD franco-belge.

Personnages et situations burlesques, humour parfois très satirique et tonalité picaresque confirmée : tout dans cet album n’est pourtant qu’hommage à leurs illustres ainés de la part de Yann et Schwartz, le premier s’étant déjà fait un nom dans le Journal de Spirou depuis les années 1970 ; les deux hommes avaient aussi imaginé un album hors-série et atypique de la saga Spirou et Fantasio, Le Groom vert-de-gris, paru en 2009.

 

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  Recherche d'ambiance par Olivier Schwartz.

 

 

Initialement prévu pour une parution en janvier 2012, Gringos Locos (tome 1) revêt un ton trop iconoclaste, qui frappe Isabelle Franquin, fille d’André Franquin (1924-1997), ainsi que les enfants de Joseph Gillain (1914-1980), lorsqu’ils découvrent enfin l’album prépublié dans divers magazines dont le quotidien belge Le Soir. C’est qu’on ne peut se moquer impunément du voyage mythique et initiatique de ceux qui deviendront, tels Hergé (Tintin) ou Jacobs (Blake et Mortimer), des monstres sacrés du 9ème art : Joseph Gillain demeure notamment le créateur de Jerry Spring, tandis que Maurice de Bévère dit Morris (1923-2001) avec Lucky Luke et André Franquin, repreneur légendaire de Spirou et créateur du Marsupilami et de Gaston Lagaffe, doivent tout de leurs apprentissages graphiques à Jijé !

En janvier 2012, l’album est donc tiré à 45 000 exemplaires en vue du Festival d’Angoulême, mais se retrouve bloqué lorsque les ayant-droits se braquent. Finalement, un accord entre l’éditeur et les héritiers décidera d’un « droit de réponse », diffusé avec l’album début mai 2012.


 

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Recherches conceptuelles (décors et personnages) par Olivier Schwartz.

 


Aux vues des nombreuses références sous-jacentes du récit, rapporté par Yann et Schwartz entre mythe et fiction, fable et documentaire, on comprendra qu’il y ait beaucoup à dire sur la 1ère de couverture de Gringos Locos. Ce titre signifie en espagnol « Ces fous d'étrangers », ces termes rejoignant donc assez bien l’esprit apposé à cette épopée téméraire de nos trois auteurs. De fait, à voir notre trio aimablement installé à croquer d’après nature un colibri, insouciant tout à la fois des dangers alentours, d’une famille harassée et d’un véhicule en surchauffe, on pourrait se demander si la folie ne les guette pas déjà... Dans ce visuel dont le nonsense et le burlesque renvoient au cinéma d’animation américain (celui popularisé par Tex Avery depuis les années 1940), on « lira » cependant assez aisément les marqueurs de l’aventure déroulée selon la mythologie propre aux Etats-Unis : la route et le véhicule pour le road-movie, le décor Western du Nouveau-Mexique (cactus, mesas érodés et désert au sol craquelé) ainsi qu’une faune hostile pouvant personnifier les pièges ou les déceptions attendant nos candides européens...


On ne s’interrogera guère en revanche sur la répétition du motif du trois/triple dans ce visuel puisque nos trois « gringos », stationnés dans un paysage tripartite (entre ciel, route et désert), et menacés par les trois ennemis naturels déjà cités (vautours/mygale/serpent à sonnette ; les 3 rapaces épiant leurs trois proies depuis un cactus à trois candélabres...) déstabilisent en quelque sorte immédiatement les attentes du lecteur, issues d’un titre constitué uniquement... de deux mots. Jijé, Franquin et Morris, loin d’être aveuglés par leur rêve américain, semblent déjà se fixer pour règle de n’être attentif qu’à la beauté fragile de l’instant, et donc à rechercher un équilibre entre humanité et nature qui proviendra de la pratique intensive du dessin. Rappelons avec intérêt que dans la mythologie amérindienne  le colibri représente précisément la beauté et l’esthétique, ainsi qu’une certaine joie de vivre communicative.

 

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  Recherche pour le visuel de couverture.

 


La 1ère de couverture de Gringos Locos, in fine, reprend certainement à son compte la morale bien connue du film L'homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962) : « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende. » Combien de visuels de couvertures de bande dessinée où les « auteurs » sont directement représentés ? Très peu voire aucun bien sur, ceci au profit de héros fictionnels ou de personnages historiques plus traditionnels. Ici, il faudra donc lire l’illustration autant comme un renvoi au domaine de la bande dessinée franco-belge toute entière (incarnée de manière religieuse par une sainte trinité d’auteurs ; voir aussi la croix portée par Jijé sur un dessin préparatoire) que telle une citation de la matière produite précisément par ces illustrateurs.

 

Ne citons ici qu’un seul exemple : la couverture de L’Artiste-peintre, cent-huitième histoire de la série Lucky Luke, signée de De Groot et Morris et parue en 2001, la même année que la disparition de ce dernier. Dans ce visuel, qui pourra rappeler en partie Gringos locos, c’est là encore l’animal qui pose sous l’œil du héros, l’un et l’autre étant en parfaite harmonie... Il n’y a là rien de « fou », mais juste la symbiose entre la manière de percevoir et la façon de représenter, soit la « leçon » perpétuellement donnée et transmise par les grands artistes, et particulièrement ceux ayant façonné au sortir de la Guerre la Bande Dessinée d’expression européenne.

 

artiste peintre

 

Ex-libris réalisé par les éditions Atlas pour L'Artiste peintre (De Groot et Morris, éd. Lucky Comics 2001).

 

 


Pistes supplémentaires 

 

http://www.dupuis.com/catalogue/FR/s/4740/gringos_locos.html 

Page consacrée à l’album sur le site des éditions Dupuis.

 

http://www.izneo.com/gringos-locos-gringos-locos-tome1-A5153000

http://www.bdgest.com/preview-1010-BD-gringos-locos-gringos-locos.html

previews « complémentaires » de l’album (couverture + pages intérieures) sur les sites Iznéo (planches 1 à 5) et BDGest (planches 4 à 13).

 

http://bdzoom.com/49779/bd-de-la-semaine/%C2%AB-gringos-locos-%C2%BB/

Retour documentaire sur la véritable aventure effectuée par Jijé, Morris et Franquin aux USA.

 

http://www.bodoi.info/magazine/2012-05-14/yann-et-schwartz-avec-gringos-locos-nous-voulons-remettre-jije-sur-le-devant-de-la-scene/58148

http://www.youtube.com/watch?v=F6_f_JUeUV8

http://www.dailymotion.com/video/xr5gay_olivier-schwartz-en-interview-sur-planetebd-com_creation

Diverses interviews des auteurs, liées à la parution de l’ouvrage.

 

 

http://www.actuabd.com/Gringos-Locos-Les-heritiers

http://www.actuabd.com/Gringos-Locos-enfin-en-librairie

Différents liens évoquant la  « censure » de l’album entre janvier et mai 2012.

 

Ex libris bdfugue

 

Ex-libris pour la libraiei BD fugue (2012).


 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

 

Images toutes ©Dupuis - Yann et Schwartz - 2012.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:44

- DOSSIER PEDAGOGIQUE -

 

  Clair-obscur dans la vallée de la lune 

Alcante & Montgermont

 

Dupuis (Aire Libre), 2012


couverture finale

 

 

 


Lintrigue en résumé  

 

 José Suarez, guide touristique dans les haut-plateaux du Chili, est un homme sombre, rongé par un secret qui l'empêche de vivre et d'aimer. Sa rencontre avec Joan, une touriste américaine, va changer sa vie. Une aventure bouleversante au cœur des somptueux paysages d'un pays au passé douloureux.

 

 

cla cro 01

 

cla cro 03

 

Etudes de personnages par F. Montgermont

 

 

 

Questionnaire pour les élèves  

 

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

On pourra observer avec les élèves le schéma de progression suivant, en leur ayant soumis ou non le résumé de cet album :

 

A.       Etude des textes et paratextes

 

1.        Relevez le titre et sa typographie.

Que nous apprend-il sur le genre du récit ?

Quelles hypothèses de lecture peut-on en tirer ?

 

2.        Quels renseignements supplémentaires, notamment géographiques, nous donnent les mots « vallée de la lune » ?

 

3.        Relevez le(s) nom(s) du ou des auteur(s).

Leur rôle respectif est-il renseigné (vérifier en page de titre si ce n’est pas le cas) ?

Les noms de l’éditeur ou de la collection apparaissent-ils ?

 

 

B.       Etude des images et dessins

 

4.        Décrire l’illustration principale, sans commenter ni juger :

-           Plan employé (vue d’ensemble, plan moyen ou gros plan) ?

-           Cadrage (visée frontale, plongée ou contreplongée, oblique) ?

-           Profondeur de champ (1er plan, 2nd plan, arrière plan) ?

-           Présence d’un hors champ ou d’une vue subjective ?

-           Couleurs dominantes ?

-           Présence ou non de personnages identifiables ?

-           Lieux, époque et actions ?

 

5.        D’après l’ensemble des éléments dessinés listés (1ère et 4èmes de couvertures), quelles hypothèses de lecture peut-on désormais formuler ?

 

6.        Quelles informations trouve-t-on éventuellement à la fois dans le titre de l’album et dans l’illustration principale ?  

Quelles informations supplémentaires donne l’image ?

 

7.        Que suggèrent les couleurs employées ?

 

8.        Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?  

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

1

 

2

 

Projets de couvertures

 

 


Lecture et analyse de la couverture 

 

 Le titre semi-énigmatique et poétique de ce nouvel album, signé par le scénariste Alcante (pseudonyme de Didier Swysen) et la dessinatrice Fanny Montgermont, ne manque pas d’inciter le lecteur - curieux - à s’interroger sur l’exact positionnement géographiquement de cette fameuse « Vallée de la lune ». Cette dernière est un sanctuaire d’altitude naturel et désertique du nord ouest du Chili, dont l’apparence désolée et lunaire renvoie à la proximité du grand désert d’Atacama, connu comme le plus aride au monde.

 

De fait, le visuel de 1ère de couverture est immédiatement évocateur de la confrontation de l’homme à son environnement, autant dans un but touristique qu’en tant que voyage initiatique rédempteur. Le couple, visible en plongée, semble être - comme le suggère le titre - en proie à un contraste affirmé autant par les attitudes et les couleurs de vêtements que par le cheminement de Joan et José.  L’une, dont les cheveux frisés roux et les bras écartés laissent supposer une certaine joie de vivre enfantine, est tournée vers le soleil apparaissant à l’horizon, tout au bout du grand lac salé qui occupe l’intégralité du paysage. Le second, à l’inverse, plus sombre et renfermé (chemisette  et chevelure noires, mains dans les poches), semble subir sur un ton désabusé ou renfrogné les paroles qui lui sont adressées et vouloir au plus vite quitter la scène (il marche vers le bord inférieur du cadre) en étant plus, symboliquement, que l’ombre de lui-même.

 

On rappellera que la technique du clair-obscur, utilisée aussi bien en Peinture (Le Caravage, Rembrandt, De la Tour) qu’en Littérature (Corneille, Balzac, Prévert), consiste à mettre côte à côte deux tonalités opposées (ombre et lumière, joie et tristesse) afin de créer un troisième sens, souvent proche d’effets de style tels le paradoxe ou la métaphore. Cette technique est ainsi très visible dans l’illustration utilisée pour la version limitée de l’album (ciel nuageux et soleil sur les dunes de sable ; expansivité et retenue des deux protagonistes).

 

Couverture éd limitée BDFugue

 

Visuel de l'édition limitée (BD Fugue 2012)

 

 

Elément central du décor de cette couverture, le lac salé (salar) d’Atacama (à 2 500 mètres d’altitude et d’une surface de 3 000 km²) se signale à l’œil par sa spectaculaire étendue (90 x 40 km) et sa croute de sel, dont les alvéoles concaves (à la manière de cratères lunaires) ressemblent à un improbable puzzle naturel à ciel ouvert. Ce détail graphique important suggèrera, chez chacun des personnages, une vie brisée et complexe à reconstruire à partir de leurs probables propres secrets et blessures psychologiques... Après les malaises et les rugosités de l’existence, la vie des deux personnages connaitra-t-elle, à l’instar de  l’astre lunaire et de l’histoire du Chili, une nouvelle phase plus lumineuse ?

 

Comme l’explique très simplement en conclusion Fanny Montgermont en évoquant la genèse de la couverture : « Mon but était de mettre en avant un paysage que les personnages traversent dans l'album, et d'exprimer le tempérament des personnages juste par leur attitude dans ce paysage. ».

 

Pour Alcante, « un livre doit être une invitation au voyage, certainement pour celui-ci :-) l'histoire se déroulant dans de splendides paysages (que j'ai pour la plupart pu visiter), je tenais à ce que l'on en voie un sur la couverture. Ce "salar" (désert de sel) me semblait le plus visuel. J'aime aussi beaucoup la couleur blanche pour une couverture, je trouve que ça ressort bien dans un étalage de librairie ! ».

 

 

cla cro 07

 

Etude de case pour la planche 12

 

 


Pistes supplémentaires  

 

http://www.dupuis.com/catalogue/FR/al/24887/clair-obscur_dans_la_vallee_de_la_lune.html 

Page consacrée à l’album sur le site des éditions Dupuis.

 

http://www.bdgest.com/preview-1037-BD-clair-obscur-dans-la-vallee-de-la-lune-recit-complet.html 

preview de l’album (couverture + 10 pages) sur le site BDGest.

 

http://montgermontfanny.free.fr/ 

Site de F. Montgermont.

 

http://www.actuabd.com/Alcante-Ars-Magna-Clair-Obscur 

Interview dédiée d’Alcante.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/San_Pedro_de_Atacama

http://www.latitud-argentina.com/blog/uyuni-atacama-arizaro-lac-sales-andes/

Renseignements géographiques sur le village de San Pedro de Atacama, village où résident les personnages, ainsi que sur les principaux lacs salés andins.

 

http://www.tswysen.cl/indexfotografias.htm

http://photos.linternaute.com/paysville/44441/san-pedro-de-atacama/

Photographies du Chili et du désert d’Atacama


 

 cla cro 06

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

 

Images toutes ©Dupuis - Alcante et Montgermont  - 2012.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 16:32

 DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

Apres la nuit 

 

Henri Meunier, Richard Guérineau et Raphaël Hédon

Delcourt, 2008

 

couverture

    
  
Dossier à lire en ligne et/ou imprimer :

 

   

Lintrigue en résumé  

 

 En 1876 dans l’Oklahoma. La ville de Bartlesville vit sereinement, ceci grâce à la redoutable réputation du shérif Jude Stanton, véritable légende vivante. Personne ne sait plus exactement à quand remonte la dernière fois où quelqu’un a osé le défier. Mais tous se souviennent qu’il s’appelait Jédediah Cooper… comme écrit sur sa tombe. Alors, quand un jeune homme arrive en ville, traînant derrière lui deux cadavres, et qu’il refuse de déposer les armes, chacun voit en lui une possible défaite pour le champion local. Surtout si le porte-flingues se nomme… Jédediah Cooper. 

 

western couv copie

 

western couv finale

 

Proposition de visuel et dessin de couverture finalisé.

 


Questionnaire pour les élèves  

 

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

On pourra observer avec les élèves le schéma de progression suivant, en leur ayant soumis ou non le résumé de cet album :

 

A.   Etude des textes et paratextes

 

1.    Relevez le titre et sa typographie.

Que nous apprend-il sur le genre du récit ?

Quelles hypothèses de lecture peut-on en tirer ?

 

2.    Quels renseignements supplémentaires nous donnent les mots  «après la nuit » ?

 

3.    Relevez le(s) nom(s) du ou des auteur(s).

Leur rôle respectif est-il renseigné (vérifier en page de titre si ce n’est pas le cas) ?

Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

 

B.   Etude des images et dessins

 

4.    Décrire l’illustration principale, sans commenter ni juger :

-       Plan employé (vue d’ensemble, plan moyen ou gros plan) ?

-       Cadrage (visée frontale, plongée ou contreplongée, oblique) ?

-       Profondeur de champ (1er plan, 2nd plan, arrière plan) ?

-       Présence d’un hors champ ou d’une vue subjective ?

-       Couleurs dominantes ?

-       Présence ou non de personnages identifiables ?

-       Lieux, époque et actions ?

 

5.    D’après l’ensemble des éléments dessinés listés (1ère et 4èmesde couvertures), quelles hypothèses de lecture peut-on désormais formuler ?

 

6.    Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?  

Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

7.    Que suggèrent les couleurs employées ?

 

8.    Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?  

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

Propositions de C1 ALN2[1]

 

Propositions pour le placement du titre.


 


Lecture et analyse de la couverture 

 

 Un homme seul, proche d’un arbre torturé et décharné, se détache sur un paysage de plaine s’étendant à perte de vue, sous un sombre horizon orageux...

 

 Ces quelques éléments, offerts dès la première de couverture, suffisent à dresser une scène de tension propre à la mythologie d’un genre immédiatement reconnaissable : le Western. Si l’on s’en réfère à la fois au titre (Après la nuit) et à la position du cow-boy (de la panoplie du « garçon vacher », on identifiera le large Stetson, le foulard et le long manteau de cuir, tous destinés initialement à le protéger des intempéries), notre attention se portera également sur un ensemble d’indices significatifs de la présence de la mort. Cette dernière est connotée de diverses manières : l’arbre mort et le ciel noir semblent indiquer la rudesse des lois de la nature, peu enclines ici à favoriser toute forme de vie. L’herbe est comme grillée par un soleil désormais absent et aucune présence animale n’est visible : pas plus le cheval de l’unique protagoniste qu’un éventuel oiseau dans les cieux...

De fait, c’est ici la confrontation brutale entre deux éléments (air et terre, aux couleurs opposées) qui semble peser sur les épaules du personnage, tel un long silence ou une inéluctable attente de la « fin ». Le regard sombre du cow-boy suit une ligne frontale qui vient inexorablement en direction de l’avant plan, comme pour affronter « en duel » le propre regard du lecteur. L’expression du titre, à la typographie vintage et usée « après la nuit », est par conséquent à comprendre comme une volonté certaine pour le personnage de franchir un seuil : ceci au mépris d’une mort qu’il peut même souhaiter, car au bout d’une existence aussi solitaire, torturée ou déchirée que le laisse supposer une certaine similitude entre sa silhouette et le tronc tout proche. Dans ce « voyage au bout de la nuit », où l’Ouest n’a plus rien de neuf à offrir que sa propre violence (les revolvers prêts à être dégainés) le tonnerre et les flammes des détonations seront bientôt telle l’amorce de l’orage.

 

Dans la mythologie propre au genre Western, le périple du « Poor lonesome cow-boy » (dont la chanson fut magnifiée par Morris et Goscinny dans la clôture des albums de la série Lucky Luke) retient particulièrement l’attention, dans la mesure où le motif du chevalier errant rejoignait à la fois  les canons romanesques de la littérature occidentale (de la Quête du Graal au Don Quichotte de Cervantès (1605)) et le nouveau folklore de l’américain pionnier et entrepreneur, rendu célèbre cette fois-ci via la formulation du « self made man » (le terme étant attribué à l’écrivain et abolitionniste  Frederick Douglass dans son discours de 1859).

Au cinéma, nombreuses seront les œuvres ou les réalisateurs à décrire ainsi la geste de leurs « héros » ; ces derniers s’inscriront le plus souvent entre ombre et lumière, gloire et déchéance, dans une violence intérieure comprise comme l’égal de la destruction de l’espace naturel vierge amérindien, ceci au profit d’une croissance urbaine et industrielle dont la Guerre de Sécession (1861 - 1865) et les différentes Guerres indiennes seront du reste de forts indicateurs. Très proches du titre ou de « l’esprit » contenus en couverture d’Après la nuit, citons ici les « classiques » suivants : Le Train sifflera trois fois (F. Zinnemann, 1952), L’Homme de la plaine (A. Mann, 1955), Règlement de compte à OK Corral (J. Sturges, 1957), L’Homme qui tua Liberty Valance (J. Ford, 1962), Il était une fois dans l’Ouest (S. Léone, 1968), Pendez les haut et court (T. Post, 1968), L’Homme des Hautes Plaines (Cl. Eastwood, 1973), Mon nom est Personne (T. Valerii et S. Leone, 1973), Impitoyable (Cl. Eastwood, 1992) et Open Range (K. Costner, 2003).  

 

http://www.filmposters.com/images/posters/8604.jpg

 

Affiche américaine pour L'Homme des Hautes Plaines (Cl. Eastwood, 1973).


La couverture d’Après la nuit rappelle que le cinéma a su restituer l'Ouest traditionnel, et non pas l'Ouest véritable, en évoquant, à la manière des œuvres picturales, la nostalgie d'un paradis perdu : les panoramas s’étendant jusqu'à l'infini, longtemps peuplés de troupeaux de bisons, et l'évocation d'une nature sauvage à conquérir, dans le sens du rêve américain. Si le Western a tant séduit aussi bien l'Europe que dans le reste du monde, c'est qu'il a su mettre en évidence les valeurs du bien et du mal. L'Ouest, tel que décrit en couverture de cet album, c'est tout à la fois le paradis et l’enfer sur Terre, l'avènement du chevalier sans peur mais non exempt de reproches, un monde occidentalisé luttant envers et contre tout pour la concrétisation de ses propres rêves.

Dans le souffle d’une vie, et au terme d’une longue chevauchée, l’homme désabusé (un « ouest- terne » ?) a mis pied à terre. Là, il affrontera notre regard, dans une relecture de son âpre cheminement qui fera que beaucoup choisiront d’imprimer plutôt la légende que la simple réalité. Voici, dans le duel final annoncé, une ultime partie d’échec entre la Vie et la Mort...

 


 western couv NB copie

 

APLN N&B[1][2][1]

 

Dessin finalisé et recherches pour le placement du titre pour l'édition luxe de l'album (2008).

 



Pistes supplémentaires 

 

http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/apres_la_nuit :

Page consacrée à la série sur le site des éditions Delcourt.

 

http://www.bdgest.com/preview-385-BD-apres-la-nuit-recit-complet.html :

preview de l’album (couverture + 17 pages) sur le site BDGest.

 

http://www.stryges.com/pages/auteurs/guerineau.php

Le parcours de Richard Guérineau (site spécialisé sur sa série principale, Le Chant des Stryges).

 

http://www.sceneario.com/sceneario_interview_RGUE.html

http://www.dailymotion.com/video/xmva2d_richard-guerineau-en-interview-sur-planetebd-com_creation

http://www.actuabd.com/Richard-Guerineau-La-troisieme

Différentes longues interviews concernant la carrière de R. Guérineau.

 

http://www.westernmovies.fr/

http://www.cineclubdecaen.com/analyse/westernfilms.htm

http://rogerchemouni.centerblog.net/

Pour (re)découvrir un genre, le Western...

 

http://www.bdtheque.com/search.php?cboThemes=832&chkDetails=on&hidetop=1

http://www.bdtheque.com/search.php?cboThemes=49&chkDetails=on&hidetop=1

http://www.bdtheque.com/search.php?cboThemes=283&chkDetails=on&hidetop=1

Mythique, parodique ou fantastique, 3 bibliographies pour retrouver l’univers du Western en BD.

 

 

Xlibris durango NB copie

 

Ex-libris réalisé pour la librairie Durango (2008).

 

http://www.bedetheque.com/ParaBD/17702exLibris1_06092010_094516.jpg

 

Ex-libris réalisé pour la librairie Bédé en bulles (2008).

 


 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

 

Images toutes ©Delcourt - Meunier/Guérineau et Hédon - 2008 - 2012.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 15:05

- DOSSIER PEDAGOGIQUE -

 

A L’ombre du convoi

1, Le Poids du passé

 

Kid Toussaint & J.-M. Beroy

Casterman, 2012.

 

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Dossier à lire en ligne et/ou imprimer :


 

L’intrigue en résumé 

 

 

 Belgique, nuit du 12 au 13 novembre 1943, quelque part entre Malines et Louvain. 
Un convoi de wagons plombés s’est immobilisé sur la voie ferrée. Il vient de quitter Bruxelles, direction Auschwitz. À son bord, parmi des milliers d’autres, une jeune femme, Olya Van Horn, juive allemande jusqu’alors réfugiée en Belgique. Elle se remémore la longue suite d’événements tragiques qui, depuis sa ville natale d’Hambourg dix ans auparavant, l’a finalement conduite dans ce sinistre convoi… 

 

 

9782203040656 4 75

 

Visuel de la 4ème de couverture - Casterman 2012. 



Questionnaire pour les élèves  

 

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

On pourra observer avec les élèves le schéma de progression suivant, en leur ayant soumis ou non le résumé de cet album :

 

A.   Etude des textes et paratextes

 

1.    Relevez le titre et sa typographie.

Que nous apprend-il sur le genre du récit ?

Quelles hypothèses de lecture peut-on en tirer ?

 

2.    Quels renseignements supplémentaires nous donne le titre du 1er volume, «Le Poids du passé » ?

 

3.    Relevez le(s) nom(s) du ou des auteur(s).

Leur rôle respectif est-il renseigné (vérifier en page de titre si ce n’est pas le cas) ?

Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

 

B.   Etude des images et dessins

 

4.    Décrire l’illustration principale, sans commenter ni juger :

-       Plan employé (vue d’ensemble, plan moyen ou gros plan) ?

-       Cadrage (visée frontale, plongée ou contreplongée, oblique) ?

-       Profondeur de champ (1er plan, 2nd plan, arrière plan) ?

-       Présence d’un hors champ ou d’une vue subjective ?

-       Couleurs dominantes ?

-       Présence ou non de personnages identifiables ?

-       Lieux, époque et actions ?

 

5.    D’après l’ensemble des éléments dessinés listés (1ère et 4èmesde couvertures), quelles hypothèses de lecture peut-on désormais formuler ?

 

6.    Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?  

Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

7.    Que suggèrent les couleurs employées ?

 

8.    Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?  

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

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Couverture encrecopy

 

Crayonné et encrage par J.-M. Beroy.

 


Lecture et analyse de la couverture  

 

 En couverture de ce premier tome d’un récit annoncé en deux volumes, l’atmosphère est immédiatement inquiétante, chargée et lourde de sens. Sans rien connaitre d’une histoire annoncée comme vraie en 4ème de couverture, le lecteur d’interrogera tout d’abord sur la signification des deux titres conjugués : ces derniers précisent ainsi tour à tour le caractère à la fois dramatique (ombre/poids), historique (passé) et itinérant (convoi) de l’intrigue. De même, le mot « convoi », plus qu’une référence au récit d’apprentissage perçu à la manière du road-movie hollywoodien, renverra à un champ lexical associé de manière sinistre à la Seconde Guerre mondiale. Ce seul contexte est bien sur immédiatement perceptible de par le jeu des couleurs employées (rouge, noir, blanc et teintes vert-de-gris), de par les diverses tenues vestimentaires des personnages et, bien plus encore, par l’étoile de David et la croix gammée visibles sur les bras de deux personnages situés à l’extrême droite de la couverture.

 

Ce premier constat ne manque pas de renouveler le questionnement, dans la mesure où la juxtaposition de l’ensemble des personnages apparait en vérité surprenante : il ne s’agit en effet, contrairement à ce que laisserait à priori penser une vision trop rapide des choses, ni d’un convoi constitué uniquement de déportés d’origine juive (un seul personnage arbore de manière visible l’étoile jaune), ni d’un groupe de civils (français, allemands ou belges) escortés par des militaires, ni même d’un possible groupe d’évadés des camps. Seuls indices du voyage effectué, les bagages et valises laissés de part et d’autre de la voie de chemin de fer marquent l’abandon, le temps de pause ou la volonté de laisser derrière soi les souvenirs d’un lourd passé, cette remarque faite dans l’optique de la signification du titre. Plus intriguant encore, les uniformes et objets (casque à pointe, calot et vieille pipe bavaroise de réserviste) portés par les deux soldats situés à gauche de ce visuel renvoient quant à eux non pas à la Seconde Guerre mais bien au... Premier conflit mondial !

 

Dès lors, le cadre historique bascule dans le genre Fantastique, ce « plan » littéraire étant signifié en couverture par plusieurs éléments connotés : si le paratexte est chargé d’un certain mystère, c’est initialement parce que les mots clés employés résonnent comme des renvois à d’autres titres fameux associés à l’univers secret de la Résistance, tels L’armée des ombres (J. Kessel et J.-P. Melville, 1943 et 1969) ou Paroles de l’ombre (J. P Guéno, Les Arènes éditions, 2009). Dans la même veine, le convoi annoncé renverra à des films de genre tels La Bataille du rail (R. Clément, 1946), Le Train (J. Frankenheimer, 1964) ou L’Express du colonel Von Ryan (M. Robson, 1965). L’enfer des trains de déportation et les souffrances sanglantes issues de la guerre sont symbolisés par un arrière-plan pour le coup digne du cinéma fantastique (arbres décharnés et torturés, lumière rougeâtre) ; elles le sont aussi par le biais de l’étrange pluie de feuilles rouges « enflammées » semblant s’abattre tout autour des protagonistes : voici ressurgir le « poids du passé » (on lira, dans cette expression comme dans le choix de la typographie en rouge, les diverses souffrances déjà vécues entre 1914 et l’avènement du nazisme), mêlé à un présent dramatique et à un futur dont l’espoir semble absent, aux vues des visages stupéfaits et horrifiés de la famille (père, mère et enfants) visibles au premier plan.

 

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Encrage de la première planche.

 

 

A ce stade de notre analyse, on se souviendra (voir la 4ème de couverture) que cet album retrace les destins croisés de trois personnages réunis cette nuit-là sur cette même voie ferrée : Olya, une juive allemande déportée, Wilhem, lui aussi allemand mais membre de la Schutzpolizei chargée de convoyer les captifs, et Théo, l’amant belge d’Olya, membre d’un très petit groupe de résistants qui, presque sans moyens, va attaquer le convoi et tenter de libérer les déportés. Cette histoire s’inspire d’un épisode authentique de la Seconde Guerre mondiale en Belgique : dans la nuit du 19 au 20 avril 1943, le convoi n° 20, chargé de 1 600 déportés juifs de tous âges, est immobilisé en pleine campagne grâce à un feu rouge factice. Trois résistants en profiteront alors pour ouvrir les wagons et parviendront à libérer 231 personnes. Ce convoi fut le seul de toute l’histoire de la Déportation à être attaqué par la Résistance.

 

La couverture ne met donc pas directement l’accent sur l’attaque du convoi mais sur ses prémices (le « passé ») et sur les individualités qui le composent, en jouant du flashback graphique partiel. Trois adolescents sont visibles dans des postures contrastées : au 1er plan, la jeune Olya angoissée, et derrière elle, un lecteur (il s’agit de Wilhem) et un membre des jeunesses hitlériennes. L’association de ces deux dernières images nous indiquera par ailleurs que l’endoctrinement de l’un ne fut peut être qu’un mauvais choix de lecture, évité de l’autre.

 

Pour le scénariste Kid Toussaint, la couverture se devait d’être intrigante :

 

« Avec José-Marìa, on savait dès le début que la couverture devait représenter le convoi lui-même et on voulait y associer au moins un personnage marchant devant ou à côté du train. On hésitait pas mal sur l'angle et on se demandait aussi si on planchait sur une couverture « sœur » pour le deuxième tome du diptyque. Finalement, José-Marìa Beroy m'a proposé ceci. J'ai tout de suite adhéré ! J'adore ces couvertures, façon Sgt Peppers, qui fourmillent de détails et qui demande un regard attentif pour bien tout saisir. Ici par exemple, au premier coup d'œil, on a bien conscience, le titre aidant, que l'album parle de la déportation... Mais en y regardant de plus près, on remarque les soldats de la Première Guerre mondiale. Cette anachronie doit donner envie d’en savoir plus. »

 

En filant les diverses métaphores évoquées, le visuel d’A l’ombre du convoi apparait comme parfaitement signifiant : devenus les proies d’un contexte destructeur, les personnages-victimes désignés pour emprunter le chemin de leur propre anéantissement sont, contre toute attente, en train de jouer avec  le feu. Au bûcher de leurs souvenirs (générations d’avant, héritages culturels ou faits d’armes) succède déjà l’inévitable l’étincelle de la survie : ce seront la compassion et la résistance, telle la main du père - déjà disparu dans la réalité - posée sur l’épaule de sa fille, ou l’espoir placé dans un bébé encore tenu lové contre le sein nourricier maternel , voire la lecture salvatrice, contre l’autodafé et la censure. Ce qui semble s’offrir au lecteur, c’est donc une rare échappatoire au destin tragique tracé d’avance telle une voie rectiligne pour des personnages saisis entre la violence (les armes, sur la gauche) et la culture (le livre et les choix idéologiques ou religieux, à droite) de leur époque. « Notre ombre n’éteint pas le feu », pour reprendre in fine les mots de Paul Eluard (A la fin de l’année, 1935).

 

 

Couverture couleur copy

 

Mise en couleurs.


 

Pistes supplémentaires 

 

-        

http://bd.casterman.com/Albums_detail.cfm?ID=41341

Page consacrée à la série sur le site des éditions Casterman.

 

http://kidtoussaint.blogspot.fr/ : blog officiel de Kid Toussaint. 

 

http://www.graphivore.be/entretien-avec-jose-maria-beroy-et-kid-toussaint-news-4874.html

 

http://www.generationbd.com/index.php/interviews/20-interviews-ecrites/1786-a-lombre-du-convoi-1-interview-de-kid-toussaint-et-beroy-casterman.html

 

http://expressbd.fr/2012/03/06/kid-toussaint-scenariste-du-diptyque-a-l-ombre-du-convoi-bd/

: différentes interviews des auteurs.

 

 http://www.cclj.be/sites/default/files/SIMON_GRONOWSKI.DEF_.pdf : dossier concernant Simon Gronowski, survivant de la Shoah ayant écrit et inspiré le récit intitulé « L’Enfant du 20ème convoi ». Voir aussi la page :  

http://www.getuigen.be/Getuigenis/Gronowski-Simon/tkst.htm#Table%20de%20mati%C3%A8res

 

http://neuviemeart.citebd.org/IMG/article_PDF/article_a369.pdf : A la lumière de Maus, étude critique d’A l’ombre du convoi par Dominique Hérody.

 

 

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Dédicace par J.-M. Beroy.

 


Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Casterman - Toussaint & Beroy 2012.

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:50

 Des auteurs qui dévoilent leurs projets (et donc leurs 1ères de couvertures...) sur leurs blogs ou ceux de leurs éditeurs, il y en a de plus en plus...

 

Petit tour d'horizon "visuel" avec les (bonnes) adresses suivantes :


 

- Laurent Sieurac, pour Arelate t.2 :

 

http://1.bp.blogspot.com/-QNhXAeK-gyE/T0vpLDsqxdI/AAAAAAAABcU/G2REsm4iGlg/s1600/recherche+couv-tome-2-couleur-wip005-bis.jpg

 

http://laurentsieurac.blogspot.fr/2012/02/couverture-arelate-tome-2-wip.html

http://laurentsieurac.blogspot.fr/2012/02/couverture-arelate-tome-2-wip-suite-et.html

 

 

- Jacques Lamontagne, pour Les Druides t.6 :

 

http://img.over-blog.com/511x708/0/33/42/82/blog/Druides06.jpg

 

http://lamontagne.over-blog.net/article-la-couverture-du-tome-6-des-druides-76920982.html

 

 

Stéphane Perger pour Scotland Yard t.1 (collection 1800) : de nombreux essais de couvertures !

 

http://2.bp.blogspot.com/-T-HRE0jTY_E/TzPb0CFnOgI/AAAAAAAAANY/P24kpCQSvOk/s1600/SY1coverz2.jpg

 

http://pergerbd.blogspot.fr/2012/01/and-happy-new-yard.html

http://pergerbd.blogspot.fr/2012/02/scotland-yard-covers.html

 

 

- Christophe Bec et Rafa Fonteriz pour Le meilleur job du monde t.1 :

 

http://soleilprod.com/images/upload/albums/2351_500.jpg

 

http://soleilprod.com/wip/12/t/MEILLEUR+JOB+DU+MONDE+%28LE%29+T.1+-+L%27%C3%AEle+Carpenter

(clic sur "Couverture (85%)")

http://soleilprod.com/images/upload/wip/12_s103_1.jpg

 

 

 

 

et - pour finir ce parcours par un petit jeu... - la couverture du prochain album de XIII (par Sente et Jigounov).. à reconstituer !

http://www.jigsawplanet.com/?rc=play&pid=28d53b9817af

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 15:15

- DOSSIER PEDAGOGIQUE -

 

D. 1, Lord Faureston 

Ayroles, Maïorana & Leprévost

Delcourt, 2009.

 

 

 

 

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Dossier d'analyse à lire en ligne :

 


L’intrigue en résumé 

 

 

 D. 1, Lord Faureston (2009) :

 

De retour d’une expédition en Afrique, l'explorateur Richard Drake fréquente la haute société victorienne. Il tombe sous le charme de Miss Catherine Lacombe, une Lady au caractère bien trempé. Drake va dès lors devoir affronter l’intriguant Lord Faureston, un dandy qui exerce un mystérieux pouvoir magnétique sur les femmes. Faureston, semblant cacher sa vraie nature, est surtout la hantise de Mister Jones, un obscur employé de banque qui, la nuit venue, devient chasseur de vampires !

 

 

D. 2, Lady d’Angerès (2011) :

 

Etant désormais certain de la monstrueuse identité vampirique de Lord Faureston, Richard Drake et l'improbable Mister Jones suivent sa piste du fog londonien jusqu'aux brumes de la lande anglaise. Le temps leur est compté car la belle Miss Lacombe, victime d’une agression, paraît sombrer dans les ténèbres. La traque s'intensifie et les chasseurs vont se découvrir une autre redoutable concurrente : la mystérieuse Lady d'Angerès. 

 

 

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Crayonné préparatoire pour la visuel du t.1.

 

 


Questionnaire pour les élèves

 

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

On pourra observer avec les élèves le schéma de progression suivant, en leur ayant soumis ou non le résumé des ces deux albums :

 

A.    Etude des textes et paratextes

 

1.       Relevez le titre de cette série et sa typographie.

Que nous apprend-il sur le genre du récit ?

Quelles hypothèses de lecture peut-on en tirer ?

 

2.       Quels renseignements supplémentaires nous donne les sous-titres « Lord » et « Lady » ?

 

3.       Relevez le(s) nom(s) du ou des auteur(s).

Leur rôle respectif est-il renseigné (vérifier en page de titre si ce n’est pas le cas) ?

Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

 

B.    Etude des images et dessins

 

4.       Décrire l’illustration principale, sans commenter ni juger :

-          Plan employé (vue d’ensemble, plan moyen ou gros plan) ?

-          Cadrage (visée frontale, plongée ou contreplongée, oblique) ?

-          Profondeur de champ (1er plan, 2nd plan, arrière plan) ?

-          Présence d’un hors champ ou d’une vue subjective ?

-          Couleurs dominantes ?

-          Présence ou non de personnages identifiables ?

-          Lieux, époque et actions ?

 

5.       D’après l’ensemble des éléments dessinés listés (1ères et 4èmes de couvertures), quelles hypothèses de lecture peut-on désormais formuler ?

 

6.       Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?  

Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

7.       Que suggèrent les couleurs employées ?

 

8.       Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

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Différentes études de personnages par B. Maïorana.

 

 

 

Lecture et analyse de la couverture 

 

 Après le succès de leur série Garulfo (6 volumes parus chez Delcourt de 1995 à 2002), et avant le succès de la série romanesque Twilight (création de l’américaine Stephenie Meyer dès 2005, la saga est adaptée au cinéma à partir de 2008), Alain Ayroles et Bruno Maïorana s’attaquent au récit vampirique en sachant éviter avec soin le parcours tracé par  Bram Stoker dans son Dracula, personnage auquel renvoie pourtant directement la signature de la série (D). Ayroles parvient en un seul album à instaurer une ambiance d'époque, des lieux et des personnages qui semblent jongler avec les mots comme avec la curiosité du lecteur. En un mot, à « croquer » de manière détournée tout un pan de la littérature populaire fantastique…

 

Le deuxième volume de la série D, Lady d’Angerès, permettra essentiellement aux auteurs de contourner une nouvelle fois les ficelles traditionnelles d’un genre devenu de nouveau mirifique suite aux créations multiples ayant suivie le succès de Twilight ; constatons que l’histoire commence à dépasser largement la cadre de la rivalité entre Faureston et Drake, et annonce un univers foisonnant propice à de nombreuses découvertes. En parallèle au récit principal, les révélations sur le passé d'explorateur de Drake font émerger un être complexe et violent, qui semble cacher bien des surprises… Riche en cases mais dynamique, cette suite laissera donc les lecteurs sur les dents et fera une nouvelle fois attendre la suite avec impatience.

 

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Encrage et version finale du visuel du t.2

 


Les origines du vampire, si elles ne sont pas cinématographiques, sont pourtant liées de près au 7ème art. Invention littéraire, le vampire naît en effet quasiment en même temps que la machine des frères Lumière. En décembre 1895 se déroule la première projection du cinématographe, l’Entrée du train en gare de La Ciotat, et moins de deux ans plus tard, en 1897, est publié Dracula de Bram Stocker, ouvrage fondateur du mythe.

 

Souvent mis en relation avec le personnage historique roumain de Vlad l’empaleur, le personnage fictif du comte Dracula - et par extension celui du « vampire » - n’apparaît pourtant pas dans la littérature par hasard. L’ensemble du XIXème siècle coïncide en effet avec une période où les mythes populaires et fantastiques se croisent pour former un hybride parfois monstrueux avec la deuxième révolution industrielle et l’essor des sciences. La société doit assimiler en très peu de temps tant de changements bouleversants que les peurs primaires refont surfaces, telles les refoulées de la modernité, et donnent naissance, outre Dracula, à plusieurs classiques successifs des genres Fantastique et Science-fiction : Frankenstein (Shelley, 1818), Dr Jekyll & Mister Hyde (Stevenson, 1886), L’ile du Dr Moreau et L’homme invisible (Wells, 1896 et 1897). Ces créatures s’épanouiront naturellement de la littérature au grand écran en passant par la bande dessinée, dès les premières tentatives de fiction, muettes et sommaires. Les vampires suceurs de sang se propagent dans le cinéma naissant de manière d’abord informe. C’est le nom qui effraie : en 1909 avec Vampyr of the coast aux Etats-Unis, en 1912 dans le court-métrage suédois Vampyr Inn, en 1913 dans The Vampyr aux Etats-Unis encore. En 1916, Louis Feuillade réalise le feuilleton Les Vampires, sans lien avec le mythe littéraire, mais fantasmant une fois de plus ce nom majestueux. Un fantasme qui donnera naissance à la même époque, à partir d’un poème de Rudyard Kipling datant de 1897 (The Vampire), à la Vamp, créature féminine précédant la femme fatale, mais partageant avec elle les attributs d’une dangereuse séduction.

 

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 Dracula Has Risen From the Grave

 

Affiches des films Le Cauchemar de Dracula (T. Fisher, 1958) et Dracula et les femmes (F. Francis, 1968).

 

 

A l’évidence, la 1ère de couverture du tome 1 de D semble rassembler plusieurs éléments issus de la cosmogonie vampirique, tout en jouant sur le non-dit, le doute ou du moins le silence de l’incertitude. Le nom de la série demeure énigmatique sauf à le rapprocher (typographie comme écrite à la plume et plongée dans le sang oblige…) du nom « Dracula ». Symboliquement la lettre D fait aussi référence au monde divin (d comme dieu), à l’aristocratie (la particule « de »), à l’androgynie (l’association masculin-féminin induite par l’association d’une ligne droite et d’une courbe dans la forme de la lettre), ainsi, dans l’album, qu’à l’explorateur Drake. En vérité, ce seront donc à la fois le titre de la série et celui de l’album qui agiront de pair comme un révélateur, en accord avec le visuel : Faureston est bien l’anagramme de Nosferatu, terme popularisé par Bram Stoker dans son propre roman mais emprunté à Emily Gerard, auteur de nombreux ouvrages sur le folklore de Transylvanie. Le terme « nosferatu », qui désigne en roumain le « non mort » ou le « vampire » selon les versions auxquelles on se réfère, sera repris par le réalisateur Friedrich W. Murnau en 1922 pour le titre d’un film (devenu l’un des chefs-d’œuvre du cinéma expressionniste allemand) livré telle une adaptation muette de Dracula.

 

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Nosferatu...

 

 

Le visuel de Lord Foreston est dominé par le motif de la mort : il s’agit d’une scène d’enterrement sous un ciel grisâtre, l’atmosphère sinistre étant renforcée par les dominantes noires et rouges, qui assimilent immédiatement les couleurs du titre au personnage central. Ce dernier, qui domine non seulement  la triste l’assemblée (maintenue telle un bloc uniforme sur une ligne d’horizon qui rejoint sa main gauche) mais aussi notre propre regard « d’outre-tombe » en contreplongée (le lecteur étant bel et bien, dans ce jeu de regard,  à la place du cercueil… ou du cadavre !), semble esquisser un ultime geste romantique sous forme d’adieu. La rose jetée dans la tombe prendra ainsi son sens premier d’hommage raffiné offert lors des funérailles, au profit d’un message parfaitement significatif : « je vous aime ». A cette ambiance autant digne du roman gothique anglais que du roman social et historique stendhalien (Le Rouge et le Noir, 1830) se superpose l’ensemble des références vampiriques : le personnage de Lord Faureston est-il sincère ou fait-il appel au réveil d’un corps en apparence dénué de vie, comme sa main droite ouverte semble en partie le suggérer ?

La rose rouge, fleur fraichement coupée, devient également un symbole extrêmement ambigu : en tant que symbole chrétien, le rosier, arbuste épineux aux fleurs puissamment parfumées symbolise l'amour, la beauté et la pureté. En Transylvanie, on place une rose sur la poitrine des morts pour prévenir toute réanimation. Des épines de la plante sont parfois répandues dans le cercueil, piquées dans le suaire et jetées en travers de la tombe pour "clouer" sur place le revenant… Fleur de la beauté et fleur du mal, la rose rouge dédouble en quelque sorte l’intriguant Foreston, qui semble de fait s’être ici débarrassé d’une âme dont il aura lui-même coupé l’essence de la vie, et renvoie tel un miroir au titre D rougeoyant de la série.

 

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La rose en couverture du tome 11 de la série La communauté du sud par C. Harris (2011).

 

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Esquisse de personnage.

 

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En 1ère de couverture de Lady d’Angerès,  les auteurs choisissent fort logiquement une continuité stylistique : mêmes teintes, mêmes symboliques, même jeu de regard vers un lecteur hors-champ envouté par la présence magnétique du vampire. Au lord s’est substituée une mystérieuse lady dont l’éventail gracieux laisse transparaitre la cruauté sanguinaire (on songe à la fameuse comtesse hongroise Elisabeth Bathory (1560-1614), qui sera accusé du meurtre de très nombreuses jeunes filles). Dans ce jeu diabolique des sens et des illusions, la vue devient prédominante sur l’odorat (odeur de la fleur ou de la mort) et le toucher (les mains de Faureston et l’éventail de d’Angerès) : seul celui qui aura vu la réalité saura…et pourra éventuellement survivre ! Cette remarque rejoindra du reste l’épigraphe du roman de Stendhal précité : « La vérité. L’âpre vérité ». L’arc de cercle que décrit l’éventail déplié de la lady, bien loin de charmer,  enferme ainsi sa proie dans un espace cerné de « dards » constitués par les brins matériels constitutifs de l’armature de l’accessoire féminin. Dans la même logique que sur le précédent visuel, le titre est donc « dans la tombe », cerné de noir et transpercé du nom du principal meurtrier. Saisi entre bestialité et humanité refoulée, le personnage du vampire s’offre à notre regard, mais reste dénué de toute culpabilité : l’œil - le nôtre - était donc dans la tombe, et regardait… Dracula !


 

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Couverture du comic The Tomb of Dracula (n° 03 de février 1980, éd. Marvel). Couverture par Bob Larkin.


 

Pistes supplémentaires 

 

 

http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/d_1_lord_faureston

http://www.editions-delcourt.fr/special/D/

Pages consacrées à la série sur le site des éditions Delcourt.

 

http://bruno-maiorana.com : site officiel de Bruno Maïorana.

http://www.vampirisme.com/interview/maiorana-interview-du-dessinateur-de-d : interview du dessinateur.

http://www.youtube.com/watch?v=-7KmMMntg9E : reportage de France 3 consacré à la série.

 

www.vampires-fr.com , www.morsure.net et www.vampirisme.com : sites de références sur les vampires (origines, mythes, médias, etc.).

 

http://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php?auteur=stoker_bram : texte intégral de Dracula sur ebooks libres et gratuits.

 

 couleurs thierry leprevost

  Décors mis en couleurs par Thierry Leprèvost.

 


Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Delcourt - Ayroles, Maïorana & Leprévost. 2009 - 2012.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 11:24

 Non ce blog n'est pas mort !

 

Occupés par de multiples travaux et pour des motifs personnels, je n'ai malheureusement pas pu m'y consacrer autant que souhaité ces dernières semaines : vous allez donc retrouver ici de manière régulière (une fois/semaine) soit des infos liés aux couvertures des bd (de nombreux blogs auteurs proposent de visualiser l'évolution de leux travaux) soit - enfin !) - de nouveaux dossiers analytiques, abordant comme à l'accoutumée aussi bien de nouvelles créations que les 1ères de couvertures des "grands classiques" du 9ème art franco-belge.

 

A suivre, donc, des titres tels D (Delcourt), A l'ombre du convoi (Casterman), Tintin au Tibet (Casterman), 20 000 siècles sous les mers (Soleil), Les brigades du temps (Dupuis) ou Nocturnes (Lombard)...

 

 

Et pour retrouver un "classique" (Lucky Luke contre Phil Defer, voir le dossier consacré : Lucky Luke t.08 : Phil Defer ) très copié sous forme d'hommage, lire ou relire cette page : link

 

 

http://thanagra.typepad.com/.a/6a0133f3c0e2ec970b0134898d55e7970c-pi  http://thanagra.typepad.com/.a/6a0133f3c0e2ec970b0153922366f5970b-pi

A bientôt...

 

Les auteurs ou enseignants désireux de me contacter peuvent toujours le faire : philtomb@yahoo.fr

 

Bio. et bibliographie personnelle complète sur link

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Published by philtomb - dans News !
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 15:25

  Paru en 2010 au Lombard dans la collection Signé, Nous ne serons jamais des héros est un one-shot qui narre la vie peu glorieuse de Mick, trentenaire chômeur et looser patenté dont l'existence va être bouleversée suite au décès de sa grand-mère. Notre antihéros désabusé va ainsi devoir renouer avec son père, un acariatre endurci suite à un ancien accident dramatique, mais avec lequel il s'embarque pour un tour du monde plus que nostalgique...

 

 Cet ouvrage discordant par rapport à la sphère des héros traditionnels de bande dessinée est réalisée conjointement par le scénariste Olivier Jouvray et les frères Salsedo (le dessinateur Frederik et le coloriste Greg). Le dessin semi-réaliste permet, dans ce road-movie de l'ordinaire, une juste réflexion sur les relations familiales évoquées, oscillant entre cynisme, non-dit et véritable tendresse.

 

En accord avec les auteurs, nous reprenons leurs termes pour décrire dans le détail les nombreuses étapes, intellectuelles ou graphiques, ayant mené au choix de la couverture finalisée...


En tentant toujours de voir plus loin !

 

 

http://lelitoulalu.blogs.lindependant.com/media/02/01/2124451519.jpg

 

Visuel finalisé (Le Lombard - 2010)

 

 


 

Première étape, un petit croquis de mise en place pour structurer l'idée.

 

http://2.bp.blogspot.com/_0NtKrR1I95k/S3qn9W0EX5I/AAAAAAAAAYQ/Zz6Yu6ET9BM/s400/projets-couv%27.jpg

 


Après, je passe sur la feuille définitive (dans mon cas, du Arches aquarelle satiné) sur laquelle je vais m'appliquer à réaliser un crayonné poussé.

 

http://2.bp.blogspot.com/_0NtKrR1I95k/S3qouAbdb2I/AAAAAAAAAYY/829_YRG3mTg/s400/crayonn%C3%A9.jpg



Le crayonné terminé, je prends ma plus belle plume (une Leonardt Hiro 801) ainsi que mon petit pot d'encre de chine et je passe à l'encre mon dessin. Achevé l'encrage, je réalise un lavis à l'aquarelle noire pour donner des valeurs et du relief.

 
http://2.bp.blogspot.com/_0NtKrR1I95k/S3qo52FWz4I/AAAAAAAAAYg/4cPjGzC1-a4/s400/encrage-et-lavis.jpg

 

 

Mon travail est maintenant terminé et je laisse la main à Greg, talentueux coloriste qui va donner une dimension supplémentaire à l'image, une atmosphère, une ambiance particulière...

 

http://3.bp.blogspot.com/_0NtKrR1I95k/S3qpCjfsupI/AAAAAAAAAYo/yhcQfZk7u1M/s400/couleur.jpg


Et voilà le résultat avant maquette.

L'éditeur se chargera de recadrer l'image et d'intégrer les titres noms des auteurs et logos...

 


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