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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 18:00

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

De Cape et de Crocs t.01 :

le secret du Janissaire

 

Alain Ayroles et Jean Luc Masbou

 

Ed. Delcourt, 1999.

 

 

 

Dossier téléchargeable : http://dl.free.fr/fFlgG4Kx0
 

 

·     L’intrigue en résumé :


 
Au XVIIe siècle à Venise, Don Lope de Villalobos Y Sangrin, un loup espagnol téméraire et impulsif, et Armand Raynal de Maupertuis, renard français poète et enclin à la boisson, vont se lancer dans une aventure épique en quête du fabuleux trésor des Iles Tangerines. Durant leur périple, ils rencontreront leurs compagnons d'aventure dont Eusèbe (un lapin naïf mais rusé), Raïs Kader (un corsaire Turc bourru), Doña Hermine (éternelle amoureuse de Don Lope), et Bombastus (savant Allemand aussi cultivé qu'agaçant). Une aventure et une fable digne de la Commedia dell’arte…


 

·     Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

NIVEAU 1

 

-    Quel est le titre de cet album ?
Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

-    Le nom de l’éditeur apparait-il ? Quel est le titre de la collection et que suggère-t-il ?

 

-    Que représente l’illustration principale ? (la décrire)

 

-   Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-   Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ?
Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

Repérez le nom de la collection : quelles indications nous donnent cette appellation sur le genre du récit ?

 

NIVEAU 2

 

-    Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après ce titre et ce visuel, imaginez en quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-     Trouvez le rapport le plus évident entre le titre et l’illustration.  Quels détails peuvent indiquer un récit du genre «Aventure» ou « de cape et d’épée » ?

 

-     Cherchez la définition des termes janissaire, bretteur et commedia dell’arte.

 

-     Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

NIVEAU 3

 

-     Essayez de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait-elle lourde ou légère ? Explicitez vos choix.

 

-    Faites des recherches sur le thème du roman ou du récit feuilletonnesque dit de cape et d’épée.

 

-    Tentez de trouver des renseignements et/ou des œuvres (romans, pièces de théâtre, bandes dessinées, films, etc.) en rapport avec l’arrière-plan historique de cet album : Venise et l’Europe au XVIIIe siècle.

 

 

·     Lecture et analyse de la couverture :

 

 L’univers culturel artistique et littéraire extrêmement référencé de la saga De Cape et de Crocs (8 albums de 1999 à 2007) se devine dès cette première couverture. Outre un titre à la fois directement évocateur - et cependant déjà parodique - de la comédie de cape et d’épée, on devine tout à la fois Molière et Shakespeare, Le Roman de Renart et les Fables de la Fontaine, le roman picaresque, les Trois Mousquetaires et Cyrano de Bergerac


 

Le genre cape et d’épée est issu de la comedia de capa y espada hispanisante, soit une sorte de drame domestique rempli d’imbroglios et féconds en événements tragiques. Par la suite, on désigna ainsi des pièces à effets violents, à incidents tumultueux et où de grands coups d’épée tranchaient les situations et l’on appliqua le même nom aux romans d’aventures mettant en œuvre des procédés analogues. Son nom générique est dû à Ponson du Terrail (1829 - 1871 ; auteur de Rocambole) mais aussi au roman d’Amédée Achard, la Cape et l’épée, en 1875.


 De Cape et de Croc
s’apparente au roman historique, dans un récit situé pour l’essentiel entre le XVe et le  XVIIIe siècle, et qui privilégie les péripéties, les rebondissements et le suspense, accordant une place importante aux duels et à l’escrime.


 

La Fable et le récit animalier sont suggérés par le jeu de mots « de crocs », ainsi que par le nom et l’allure des principaux protagonistes (on devine les oreilles derrière la cape et le chapeau feutre à plumeau digne d’un mousquetaire du roi). Le titre de la collection (Terres de Légendes) renforce l’aspect onirique et merveilleux de la Cité des Doges, décor institué du second plan, entre canaux tortueux, Basilique Saint-Marc et palais intriguant, croissant de lune mystérieux et mer offerte aux désirs annoncés de voyages. Le titre de l’album, enfin, précise l’attrait de l’aventure (l’archétype scénaristique du secret), mêlé à une  relation compliquée avec l’Orient (le janissaire étant un redoutable soldat turcoman).


 

La couverture attire en dévoilant « tout et rien » : la globalité d’une sphère romanesque et  l’absence de nombreux renseignements (qui sont ces héros masqués ? Que font-ils dans cette Venise nocturne ? Qui est le fameux Janissaire du titre et quel est au juste son secret ?). Le lecteur est donc condamné à naviguer à vue d’œil ou à la boussole entre l’eau et le ciel, pour une destination d’autant plus inconnue que les cartes lui sont imprécises et indéchiffrables, et la mer remplie de sombres dangers (dragon).


Caravelle ou galère, l’embarcation vaut comme signifiant des futures étapes de nos personnages, pris dans une toile d’araignée de péripéties où la Lune semble, si l’on s’en fie à la carte représentée en arrière-plan, comme ultime échappatoire.

 


 Ne négligeons pas, pour finir, l’impact des couleurs (réalisées de manière directe sur les planches pour l’ensemble de la série) : la Lune et un ciel étoilé et bleuté comme motif de l’appel à l’imaginaire (voir les affiches des films : L’Ours (J.J. Annaud), E.T. (Steven Spielberg) ou Harry Potter à l’Ecole des Sorciers (C. Columbus)), le vert (symbole de la Nature, du Destin et du hasard) et le rouge (le sang et les passions), qui connotent la psychologie affirmée des personnages autant que leur volonté d’agir, entre coups du sort et soubresauts de l’histoire.

 

 

 

 

 

·     Pistes supplémentaires :

 

-       http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/de_cape_et_de_crocs_1_le_secret_du_janissaire : page consacrée à la série sur le site des Editions Delcourt.

 

-       http://decape.free.fr/ : site très complet, consacré à l’ensemble de la série (personnages, références, dessins, auteurs, etc.)

 

-      http://nerial.free.fr/artelio/artelio/souche_121.html : interview avec le scénariste, Alain Ayroles, en 2005, concernant la genèse de la série.

 

-      http://www.bulledair.com/index.php?rubrique=interview&interview=itw_masbou : interview de Jean-Luc Masbou, réalisée en 2004.

 

-      http://www.scifi-universe.com/fiche_actu.asp?id=4588 : interview vidéo des auteurs (2006), sur le site Scifi-universe.

 

-      http://fr.wikipedia.org/wiki/Film_de_cape_et_d'%C3%A9p%C3%A9e : le film de cape et d’épée.

 

-      http://paularbear.free.fr/commedia-dell-arte/index.html : le site sur la commedia dell’arte.

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Ayroles et Masbou et Productions Guy Delcourt. 1999.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 11:36

 

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

Un monde si tranquille t.01 :

la gloire d’Albert

 

Etienne Davodeau

Ed. Delcourt, 1999.

 

 

 

Dossier téléchargeable : http://dl.free.fr/jUUqRAI7S

 



 L’intrigue en résumé :

 

(Résumé éditeur)

 

 Albert est un brave type.

 

 Mais quand la radio annonce la mort de Philippot sur la route (le fameux cocktail alcool, fatigue et vitesse), il pète un peu les plombs. Il faut dire que Philippot n'était pas n'importe qui. Il avait fondé le parti "Traditions et Convictions" avec son ami de toujours, Bertrand Delorme, qui dirige le célèbre spectacle son et lumière "Nos valeurs, notre terroir". Ces deux-là avaient le vent en poupe.

 

  Leur spectacle fêtait ce soir-là son millionième spectateur et les élections législatives toutes proches se présentaient bien : le siège de député semblait à la portée de Delorme. La mort de Philippot est un sale coup.

 Mais ce n'est pas un accident. Albert le sait. Albert était là. Deux sales petits gauchistes ont tendu un piège à son chef bien-aimé. Albert est un brave type. Mais il est décidé : le temps est venu de mettre en pratique les belles théories de Philippot sur l'autodéfense.

 

Albert va agir. Ça faisait des années que sa vieille carabine de chasse ne servait plus…

 

 

 

·     Questionnaire pour les élèves :

 La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

NIVEAU 1

 

-  Quel est le titre de cet album ?

Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

-  Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

-  Que représente l’illustration principale ? (la décrire)

 

-   Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-   Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre et dans l’illustration ?

 Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

  Repérez le nom de la collection : quelles indications nous donnent cette appellation sur le

genre du récit ?

 

NIVEAU 2

 

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après ce titre et ce visuel, imaginez en

quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-   Trouvez le rapport le plus évident entre le titre et l’illustration.  Quels détails peuvent

indiquer un récit du genre «policier» ?

 

-   Cherchez la définition des termes polar, extrême-droite, gauchisme et autodéfense.

 

-    Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

 En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

NIVEAU 3

 

-   Essayez de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait

elle lourde ou légère ? Explicitez vos choix.

 

-   Faites des recherches sur le thème de la montée des extrêmes, en France ou dans le

monde.

 

-  Tentez de trouver des œuvres (romans, pièces de théâtre, bandes dessinées, films, etc.) en

rapport avec l’arrière-plan sociopolitique de cet album.

 

 

 

·     Lecture et analyse de la couverture :

 

 Comme toujours avec Etienne Davodeau, l’histoire narrée, offerte comme un miroir fragile, touchant et mélancolique de notre société, est à la fois simple et complexe. Le personnage central, antihéros malmené et balloté par les événements, est l’archétype du militant traditionnaliste, aveuglé par son modèle néo-fasciste et inconscient des visées politiques personnelles menées dans un monde qui le dépasse socialement et intellectuellement. Un univers sans concession, entre survie et égocentrisme, soit le microcosme humain… observé sous le microscope de la satire sociale.

 

La Gloire d’Albert et Anticyclone sont les deux premiers polars d’une trilogie (intitulé Un monde si tranquille) qui s’achève en 2002 avec la publication de Ceux qui t’aiment, chronique sarcastique sur les rapports entre supporters et footballeurs milliardaires.

 

La couverture de l’album délivre ce même ensemble de simplicité apparente et de thématiques plus complexes. Comme l’explique Etienne Davodeau, les différentes recherches graphiques menées pour exprimer cette dualité illustrent une synthèse permanente : celle de l’ombre et de la lumière, de l’avant scène et des coulisses, de l’obscur et de la gloire éphémère.

 

« C’est un album avec une dimension parodique tout d’abord, à savoir que l’histoire se déroule dans un cadre qui est celui d’un son et lumière, en milieu rural, fait par un homme politique qui rencontre un succès inespéré, national, voire international : ça, c’est la dimension parodique. Et puis, l’autre aspect de cette dimension parodique, c’est l’envie d’un type assez obscur, un sans grade de passer à la lumière, de faire un truc notable, et d’être un héros, d’avoir quelques jours de gloire, d’où le titre, la Gloire d’Albert... et ceci au prix d’errements qu’il va amèrement regretter.


Donc, c’est une sorte de polar (en tout cas celui-là, je l’ai vraiment écrit comme un polar !) simplement, la définition de polar est sujette à caution et à débat... Pour ma part je m’en tiens plutôt à celle qu’a défini un de mes auteurs de chevets, à savoir Jean-Patrick Manchette, qui est à mon sens un des meilleurs auteurs de polar français (enfin, qui était puisqu’il est mort !), qui est un roman de critique sociale... Pour moi le polar est d’abord un roman de critique sociale, c’est un peu l’idée qui a généré ce bouquin... mais c’est avant  tout dans mon esprit une parodie ! »


(Extrait de l’interview de L. Renet et Fr. Grégoire ; cf. liens proposés).

 

Roughs et recherches pour le visuel de couverture :






























 
Le lecteur déduira notamment du titre de la collection (Sang Froid) l’idée de récit policier, sinon de polar : les couleurs (noir, blanc et bleu) et l’arme du personnage devraient également aider à cette interprétation. Mis en lumière, dévoilé et aveuglé par une lumière blafarde, Albert, qui est dessiné avec tous les stéréotypes du Beauf croqué par Cabu  (soit la caricature ironique du
Français braillard, brave type au racisme ordinaire et bardé de convictions), est aussi inexistant que le décor qu’il remplace de fait. Il est sur scène mais c’est un acteur interchangeable, glissé de lui-même dans le costume du chasseur auto satisfait de ses actes « assassins ». On pourra déduire de la présence des projecteurs une surmédiatisation du phénomène, et donc de l’extrémisme politique : durant tout l’album, les références directes au Front National, à Jean-Marie Le Pen, au spectacle son et lumière du Puy du Fou (Vendée) et à Philippe de Villiers seront très nettes, l’auteur lui-même les revendiquant largement, sans sombrer pour autant dans l’attaque politique directe puisque les militants d’extrême gauche sont également parodiés et ridiculisés.

 



  Entre sympathie et répulsion, compréhension et rejet, ombre et  lumière, le personnage d’Albert introduit dès la couverture deux idées essentielles et sous-jacente du jeu politique : celle de la défense du territoire nationale (doctrine que la lecture de l’album fera circuler entre les notions de patriotisme, nationalisme et chauvinisme) et celle de la justice par l’autodéfense (affiliée cette fois ci aux tonalités racistes, réactionnaires et fascistes prônées par certaines milices ou organisations). Ces deux idées engagent une double évocation du pouvoir et de la justice, notions clés du territoire républicain et souverain : si Albert s’autoproclame comme autojusticiable, doit-on en déduire qu’il le fait à sa seule gloire, ou qu’il suit au contraire la volonté d’une entité supérieure ? Dans les deux cas, on supposera le dépassement du cadre légal et social, permettant en cela les actes les plus cruels au nom d’un fondamentaliste dogmatique, qu’il soit personnel, religieux ou politique.

 

  
  Albert est sur scène, mais aussi mis en scène, dans une mécanique insidieuse qui impulse les notions d’ascension et de chute, pour les deux revers d’une médaille aux accents emprunts de corruption, de compromissions, de lâchetés, sinon de crimes. Est-il finalement logique que le chasseur soit dans la lumière « pure » (voir le premier titre voulu par l’auteur pour son œuvre) alors qu’il est supposé attendre sa proie dans l’ombre ? Certainement pas : en pleine gloire, mais comment et pourquoi ? Voilà une dénonciation subtile de la politique du chiffre et du résultat, au mépris des actes et des idées…

 

 

 

 

 

 

 

·     Pistes supplémentaires :

 

-      http://www.editions-delcourt.fr/catalogue/bd/un_monde_si_tranquille_1_la_gloire_d_albert : page consacrée à l’album sur le site des Editions Delcourt.

 

-     http://www.etiennedavodeau.com : site personnel de l’auteur.

 

-     http://www.bruitdebulles.com/spip.php?article109&artsuite=0 : interview de l’auteur (2005) sur le site Bruitdebulles.

 

-    http://houbahop.chez-alice.fr/interviews/Davodeau1/liendav1.html : Interview réalisée par Laurent Renet et Frédéric Grégoire, dans le cadre de l'émission Culture Bulles du 12 octobre 1999 pour la sortie de l'album La Gloire d’Albert.

 

-     http://www.france5.fr/bd/index.php?page=bd-bande-dessinee-videos&id_document=1003 : interview vidéo de l’auteur sur le site France 5 BD.

 

-     http://fr.wikipedia.org/wiki/Beauf : article consacré par l’encyclopédie Wikipédia au stéréotype du « beauf »

 

 

 

 

  

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Étienne Davodeau et Guy Delcourt Productions.
La Gloire d'Albert -
 1999.


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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 11:03

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

 Murena t.01 :

la Pourpre et l’Or

 

 Jean Dufaux et Philippe Delaby

 Ed. Dargaud, 1997 et 2001.

 

 


 

Dossier téléchargeable (format PDF) : http://dl.free.fr/qX1US7Hre


 

·     L’intrigue en résumé :

 

  Mai 54, Rome, midi. Il fait une chaleur torride sur l'arène et les quelques gladiateurs survivants qui essaient encore de s'entretuer n'amusent plus personne, sauf l'empereur Claude, affalé dans les gradins déserts, avide d'entendre le dernier râle du dernier combattant...

 

  En dehors de l'arène, la vie est aussi féroce. Tout le monde veut le pouvoir, tout le monde est prêt à tuer pour l'obtenir. Agrippine, par exemple, seconde femme de Claude et mère de Néron, est en train de faire fabriquer un poison pour son cher époux : maintenant qu'il a reconnu son fils, il peut disparaître et lui laisser le trône. D'ailleurs, il faut faire vite : Claude parle de la répudier et d'épouser la femme qu'il aime, Lolia Paulina, mère de Lucius Murena. Evidemment, dans le collimateur d'Agrippine, la pauvre Lolia n'a aucune chance. Quant à Claude, il mourra empoisonné et son fils Britannicus sera écarté du pouvoir au profit de Néron. Voilà l'histoire de Rome telle qu'on nous la raconte dans les manuels scolaires, à ceci près qu'elle prend ici un relief surprenant : sanglante et crapuleuse, elle n'est que superstitions, trahisons, terreur et violence…


 

 

·     Questionnaire pour les élèves :

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

NIVEAU 1

 

-   Quels sont le titre de la série et celui de cet album ? Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

-   Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

-   Que représente l’illustration principale ? (la décrire)

 

-   Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-    Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?
Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

NIVEAU 2

 

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après ce titre et ce visuel, imaginez en quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-   Trouvez le rapport le plus évident entre le titre et l’illustration.  Quels détails peuvent indiquer un récit du genre «historique» ?

 

-   Cherchez la définition du terme péplum.

 

-   Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

NIVEAU 3

 

-    Essayez de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait-elle lourde ou légère ? Explicitez vos choix.

 

-    Faites des recherches sur le contexte : Rome en l’An 54, l’empereur Claude, Britannicus, Agrippine, Néron ; les auteurs antiques : Sénèque le Jeune, Tacite et Suétone.

 

-    Tentez de trouver des œuvres (romans, pièces de théâtre, bandes dessinées, films, etc.) en rapport avec le contexte historique de cet album.

 




 Lecture et analyse de la couverture :

 


  Probablement série de bande dessinée la plus lue et la plus documentée sur l’histoire romaine après l’incontournable Alix (créé par Jacques Martin en 1948 dans le Journal de Tintin), Murena s’inscrit d’office comme une grande saga romanesque et historique, prenant appui tout autant sur les textes antiques que les sources archéologiques contemporaines.  

 Parmi les textes de références, on citera ici La Vie des Douze Césars (ouvrage publié de 119 à 122 par Suétone, et narrant la biographie parfois fort critique des 12 premiers imperatores, de Jules César à Domitien), Le Procès Néron (du latiniste Pierre Grimal) ou des ouvrages plus généraux comme Le guide romain antique de Georges Hacquard et Jean Dautry. Les notes historiques demeurent nombreuses dans Murena, chaque album étant complété d’un lexique exhaustif, de notes explicatives et de citations résumant l’intrigue principale. Ainsi en quatrième plat de couverture de  ce premier volume, nous trouverons :

 

"Il [Claude] était d'un naturel féroce et sanguinaire qui se trahissait dans les moindres choses comme dans les grandes… Dans tous les combats de gladiateurs donnés par lui ou quelqu'un d'autre, il faisait égorger même ceux qui tombaient par hasard pour observer leur visage quand ils expiraient."
(SUÉTONE, Claude, XXXIV.)

 

Murena, récit historique empreint de véracité, n’exclut en rien des tonalités plus romanesques : là aussi, des influences stylistiques sont à citer, du roman Moi, Claude empereur de Robert Graves (adapté pour la télévision britannique en 1976) aux films majeurs du genre épique que furent respectivement  Spartacus (S. Kubrick - 1960 ; le générique de Saul Bass ayant du reste inspiré les premiers visuels de couvertures) ou Gladiator (R. Scott - 2000 ; Ph. Delaby rendit un hommage au  film par le biais d’une somptueuse lithographie… et de la musique de Hans Zimmer, reprise sur son site !)

 

 


Lithographie hommage au film Gladiator.


  L’album La Pourpre et l’Or s’inscrit dans une première série de quatre albums - parus respectivement en 1997, 1999, 2001 et 2002 - intitulée "Le Cycle de la Mère" et dédiée à Agrippine. Une réédition du 1er volume, en 2001, sera l’occasion pour Delaby de refondre le premier visuel en un concept plus esthétique et plus en harmonie avec les tomes postérieurs. Cette illustration ne cesse d’intriguer le lecteur, qui y verra pourtant aisément la parfaite illustration en contrepoint du titre La Pourpre et l’Or : aux deux couleurs exclusives de la dignité impériale romaine s’opposent la pâleur froide et mortelle d’une unique statue, agissant dans l’ombre et guettant derrière une tenture les soubresauts inquiétants de l’Histoire. Cette silhouette féminine glaciale, prise en contreplongée,  a déjà les mains tâchées du sang de ses propres crimes : la couleur pourprée et la richesse dorée ne renvoient ici qu’au complot et aux intrigues d’alcôves, au sang et au meurtre passionnel…

 

  Ces sentiments premiers seront encore renforcés dans le second visuel délivré par Delaby en 2001 : l’ombre du décor de fond laisse la place à un mur de pierres taillées toujours précédé d’une riche tenture ouvragée aux couleurs du titre  (l’intrigue prend sa place dans le palais impérial…), tandis que la statue féminine, saisie comme un buste antique vivant, exprime par un regard vide ses propres fêlures et ses volontés destructrices et criminelles (le sang s’écoulant lentement entre ses doigts). Le lecteur est pris à témoin de l’Histoire : il est déjà omniscient, puisque inscrit dans un contexte postérieur aux actes décrits. Il verra la victime et le criminel, les intrigues côté cours ou côté jardin, la vie des empereurs comme celle des esclaves.

 



Rough et recherches couleurs pour la couverture de Murena tome 1.


   
Contrairement au titre, donc, l’intérêt du lecteur est bien plutôt focalisé dès cette couverture sur les ombres de l’Histoire et les mystères du Passé, plus que sur une histoire panégyrique par trop officielle. Aucun héros traditionnel, aucune figure historique, même, n’est là pour nous guider : cette couverture est un redoutable miroir des nos pensées, outrepassant le « simple » manuel scolaire. Comment, quand et pourquoi ce fait s’est-il produit ? Qui a agi et dans quelles circonstances ? Regard investigateur sur le récit comme témoin direct des (bas…) agissements des principaux personnages, le lecteur-statue médusé est là pour en perdre son Latin : la vie des caractères s’écoulera entre ses mains au fil temporel de la lecture des pages de l’album, derrière le rideau de la couverture, et il ne pourra qu’en cerner au mieux les motivations, les buts ou les folies, sans être en demeure de la moindre possibilité de les arrêter…

 


 Pourpre et Or, Pouvoir et Richesse, Folie et Démesure, Destruction et Mégalomanie…

 

 



Visuel pour l'intégrale du Premier Cycle.
 
 
 

 


   
Pistes supplémentaires :

 

-      http://www.dargaud.com/Murena/cycle-mere.html : site dédié à la série, réalisé par les Editions Dargaud.

 

-      http://www.dargaud.com/front/albums/series/couvertures.aspx?id=1741 : couvertures et liens vers les différents albums parus, sur le site des Editions Dargaud.

 

-      http://www.delaby-bd.be : site personnel de Philippe Delaby.

 

-      http://www.bedemoniaque.be/index.php?option=com_content&task=view&id=455&Itemid=49 : interview vidéo de Philippe Delaby sur le site BéDémoniaque.

 

-      http://www.graphivore.be/Interviews/philippe_delaby.php : interview de l’auteur réalisée par le site à l’occasion de la parution du tome 6.

 

-      http://daniel.gerber1.club.fr/scenaristes_dg/dufaux_bio.htm : biographie et œuvre de Jean Dufaux.

 

-      http://jeremy-bd.blogspot.com : blog de Jérémy Petiqueux, coloriste de la série Murena.

 

-      http://www.peplums.info/pep01a.htm : analyse des inspirations et influences de la série Murena.

 

-      http://alixintrepide.chez.com/ : le site non-officiel d’Alix de J. Martin (Editions Casterman).

 

-      http://www.empereurs-romains.net/ : biographies exhaustive de tous les empereurs romains.

 

-      http://www.dotapea.com/pourpre.htm : histoire et rôle social de la couleur pourpre.

 

 

 

                                                             Visuel du coffret du Premier Cycle. 



Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©P. Delaby/ Editions Dargaud. 1997-2008

 

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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 13:24

   

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

 Quelques jours ensemble

 

 Alcante et Fanny Montgermont


Ed. Dupuis, 2008

 
Collection Aire Libre


 

 

 

 Dossier téléchargeable (format PDF) : http://dl.free.fr/qAPfdQC7l



  
  L'intrigue en résumé :


(Résumé de l'éditeur)

 
Xavier a 35 ans. Un « roi du monde », jouisseur, extraverti, dragueur, patron d'entreprise vivant à 200km/h... Il est aussi brillant que prétentieux et égoïste. Profondément immature, c'est le type même de l'éternel gamin.


 Julien a treize ans. Atteint d'une maladie génétique rare, il a l'aspect d'un vieillard. Ses traitements médicaux lourds - son espérance de vie est très réduite -, ainsi que le regard des gens sur sa différence l'ont fait se replier sur lui-même.


 Julien est le fils de Xavier. Aujourd'hui, ils se rencontrent. Pour la première fois...


 


  Questionnaire pour les élèves :

La couverture d'une B.D. comporte deux messages : l'un écrit, l'autre dessiné.


 NIVEAU 1


 - Quel est le titre de cet album ? Le scénariste et l'illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?


 - Le nom de l'éditeur apparait-il ? Quel est le nom de la collection ?


 - Que représente l'illustration principale ? (la décrire)


 - Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?


 - Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l'illustration ?
 Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l'image ?



  NIVEAU 2


 - Une couverture cherche à suggérer une histoire. D'après ce titre et ce visuel, imaginez en quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.


 - Trouvez le rapport le plus évident entre le titre et l'illustration. Quels détails peuvent indiquer un récit du genre « mélo/drame intimiste » (chercher au besoin la définition de ces termes et genres dans un dictionnaire) ?


 - Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?
En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d'une B.D. ?




 NIVEAU 3


 - Essayez de décrire l'atmosphère de cette couverture. «L'ambiance» générale vous parait-elle lourde ou légère ? Explicitez vos choix.


 - Faites des recherches sur la maladie génétique rare appelée progéria.


 - Argumentez autour de la question suivante : l'acceptation de la différence est-elle une chose aisée ? Tentez de trouver des œuvres (romans, pièces de théâtre, bandes dessinées, films, etc.) en rapport avec cette interrogation.




 Lecture et analyse de la couverture :


 En lisant le titre « Quelques jours ensemble » et en regardant la couverture, le lecteur se dévoile en son propre fort inconscient à la fois peu et beaucoup de l'intrigue.

  Ce « quelques » défini d'abord en effet une lecture temporelle des évènements, autour de la notion de rencontre entre les deux personnages illustrés : soit les caractères ont déjà été amenés à vivre un court moment en commun, soit ce temps est encore en devenir, tandis que la couverture ouvre une troisième voie, située plus proche de nous. Les personnages sont ensembles, dans l'immédiateté et le présent d'une lecture qui va justement se concentrer sur leur rapprochement. On déduira de même de leurs vêtements chauds que l'action se déroule en hiver ou dans un pays froid.


 
 Dans un second temps, le lecteur tentera de définir les deux êtres liés à priori par le mot « ensemble » : là aussi, tout semble à la fois les opposer (grand/petit, beauté/laideur, vêtements de marque ou non, jeu des regards) et les réunir (protecteur/protégé, mains et corps unis, complémentarité des couleurs vestimentaires (noir et couleurs vives pour les deux) comme du port du bonnet. Une lecture rapide y verra l'adulte et l'enfant ou deux étranges frères, mais on n'y détectera aucun signe avant-coureur d'une réelle maladie ou disgrâce physique si ce n'est en s'interrogeant sur le pourquoi du regard fuyant de «l'enfant»...


 
 Sur cette thématique de l'acceptation de la différence, Quelques jours ensemble entre en correspondance avec bien des œuvres : citons ici La Belle et la Bête (J. M. Leprince de Beaumont, 1757), Elephant Man (D. Lynch - 1980), Rain Man (B. Levinson - 1988) et Le Huitième Jour (J. Van Dormael, 1996).


 
 Troisième élément important : le décor et les couleurs. Le contexte est celui de la ville ou de la banlieue, décor terne et inhumain marqué par un faisceau en toile d'araignée de fils électriques et de câbles aériens. Un ciel sombre et nocturne percé par le vague halo d'un lampadaire ne contribue guère à égayer une scène ou les visages des personnages, saisis en contre-plongée, en prêtent pas à sourire. Les premiers visuels de couverture élaborés par la dessinatrice Fanny Montgermont étaient plus lumineux, adoucis par la présence mélancolique de flocons de neige, et circonstancient la lecture à notre propre attention au jeu de regard que s'accordait chaque personnage l'un envers l'autre.





Travaux de recherches pour le visuel de couverture.




  Revenant sur la genèse graphique de la couverture, Fanny Montgermont explique :


 
 Comment concevez-vous vos visuels de couvertures ? Y réfléchissez-vous longuement, à partir d'une image/case précise, ou la réalisez vous à "l'instinct" ?


Je les conçois à "l'instinct", selon la façon dont je ressens les personnages.



 Différentes recherches, différentes études, différents projets repoussés par l'éditeur : lesquels et pour quelles raisons ?


  Il n'y a eu qu'une proposition avant la définitive, avec des essais de deux ambiances colorées différentes. Le graphiste qui travaillait sur la maquette trouvait que l'idée de "rencontre fortuite" en racontait trop sur l'histoire. Il m'a orienté vers une idée de "relation" entre les deux personnages. J'ai ensuite fait un croquis sur fond blanc, puis le graphiste y a placé un fond bleu uni qui a plu à tout le monde, il ne me restait plus qu'à en faire un décor, sobre.


  La neige, l'Hiver et le Temps : un élément graphique d'importance ?


 C'est surtout pour donner l'ambiance générale de l'histoire, la neige était là pour rappeler une scène clef.

 


  Sur la couverture finalisée, l'ambiance, froide, situe les personnages dans une sorte de péril inexplicable : le lecteur ne sait encore où situer la menace, mais devine une histoire où est mis en exergue l'enfermement psychologique d'une situation sociale difficilement gérable. En « lisant » le décor, connoté à la manière d'une prison, si ce n'est à l'image d'un camp de concentration, toutes mesures gardées (on y verra notamment les lignes de clôtures et bâtiments-dortoirs, ainsi que le rachitisme et l'épuisement physique et moral de survivants « en sursis »), l'histoire prend une tournure véritablement dramatique : rassuré et inquiet sur le temps accordé au bonheur (« quelques jours... »), le lecteur est mis en face de sa propre solitude, notamment face aux cases traversées par son propre parcours temporel dans l'album. « Ensemble », et avec les personnages, pendant quelques pages, jusqu'au bout de l'histoire et avant que d'être poussé à la relire. Dans la connaissance intime des deux personnages s'instaure un rapport apposé en creux dès le visuel : il s'agit de voir, de croiser un regard, d'aller plus loin vers l'autre, cet inconnu...


  Un acte simple, tendre, complexe ou cruel, selon le temps que l'on peut ou que l'on souhaite y accorder...

 

 



  Pistes supplémentaires :


http://www.bodoi.info/a-la-une/2008-12-18/alcante-et-fanny-montgermont-osent-le-melodrame/9306 : chronique de l'album et interview des auteurs sur le site du magazine Bodoï.


- http://www.actuabd.com/Quelques-jours-ensemble-Par-Alcante-F-Montgermont-Dupuis-Aire-Libre : chronique et critique de l'album sur le site Actua BD.


- http://www.france5.fr/bd/index.php?page=bd-bande-dessinee-dossiers&id_article=607 : dossier consacré à l'album sur le site France 5 BD.


- http://piscosour.free.fr/numero5/parleavecelle.html : interview et portrait de Fanny Montgermont (2005).


- http://fr.wikipedia.org/wiki/Prog%C3%A9ria : article de l'encyclopédie Wikipédia consacré à la progéria.


- http://195.115.141.14/biblio-filmo/biblio-filmo.php?fichier=handicap.xml : réflexion sur la représentation du handicap physique au cinéma et filmographie en correspondance.


- http://193.48.79.10/cg06_v3/cms/cgj06/upload/File/bd-handicap.pdf : plaquette BD sur le thème du handicap, éditée par le Conseil Général des Alpes Maritimes.

 

 

 

 

 



Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©F. Montgermont / Editions Dupuis. 2008.


Les paroles de Fanny Montgermont et les visuels sont ici reproduits avec l'aimable autorisation des auteurs.


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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 10:45

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

Prométhée t.01 :

Atlantis
 


Christophe Bec

 

Ed. Soleil, 2008



 

Dossier téléchargeable : http://dl.free.fr/utRo1GTSE


·       L’intrigue en résumé :

 

(Résumé de l’éditeur) :

 

 13h13 min

 21 Septembre 2019

 La navette Atlantis disparaît mystérieusement des écrans de contrôle lors de son dernier vol.

 

 22 Septembre 2019

 Toutes les montres et les horloges de la planète s’arrêtent.

 Au même moment, le mécanisme d’Anticythère, un étrange astrolabe datant de la Grèce Antique, se met en marche alors qu’aucun scientifique n’y était parvenu jusqu’à présent.


 23 Septembre 2019

 La navette Atlantis réapparaît et atterrit à Cap Canaveral, un survivant est à bord : le commandant de la mission,

en état de choc au milieu des cadavres déchiquetés du reste de l’équipage.

 

 24 Septembre 2019


 Un sous-marin nucléaire américain capte l’écho sonar d’un U-boat de l’armée allemande disparu soixante-huit ans plus tôt…


 Un chalutier voit apparaître devant lui la monumentale coque du Titanic, disparu au même endroit, à 650 km au Sud-Est de Terre-Neuve.


 Alors que partout, les avions s’écrasent et que l’apocalypse s’abat sur la planète entière, le futur de l’Humanité semble soudain plonger dans les ténèbres, présageant le pire pour notre civilisation.

 

 

 

·      Le mythe prométhéen en perspective :

 

  Dans la Mythologie grecque, Prométhée (le Prévoyant) est un Titan, frère notamment d’Atlas, qui aida les futurs Dieux de l’Olympe à vaincre les Immortels, dont le terrifiant Cronos.  Vainqueur, Zeus créé par la suite la race humaine, à laquelle il enseigne l’architecture, l’astronomie, la navigation, les mathématiques, la médecine et la métallurgie. S’irritant finalement de leurs talents, Zeus décide d’exterminer sa propre création, chose à laquelle s’oppose Prométhée, surnommé à l’occasion le Philanthrope (amoureux de l’Humanité). Prométhée trompe Zeus sur le partage de nourriture entre Humains et Dieux, puis vole le feu sacré pour l’amener à la race humaine et lui apprendre les Arts et les Sciences. Pour le punir, Zeus le fit enchaîner sur un rocher isolé, dans le Caucase, où un aigle chaque jour venait lui dévorer le foie. Le supplice, supposé éternel, est arrêté le jour où Héraclès abattit l'aigle avec son arc. Pour ne pas déroger à son serment sacré, Prométhée gardera néanmoins tout sa vie avec lui une bague forgée avec le fer de ses chaines, ainsi qu’un morceau de roche caucasienne.





 Les auteurs de la Grèce Antique comme les mythes et légendes du monde entier ont donné différentes versions du voleur du feu divin. Ainsi, selon la Théogonie d’Hésiode (poète grec du VIIème siècle av. J.C.), Prométhée est lui-même le créateur des humains, à partir d’une motte d’argile. Eschyle (vers - 526 / - 456 av. J.C.) consacre quant à lui une trilogie au mythe, dont nous n’avons conservé que la première partie de manière complète (Prométhée enchainé, suivi de Prométhée délivré et Prométhée porte-feu). Dans la philosophie platonicienne, l’histoire du Titan devient une métaphore de l’apport de la connaissance aux hommes, concept que l’on retrouvera plus tard aussi bien dans le Christianisme (Adam et Eve chassés du Paradis),  ou tout autant chez les Inuits de l’Arctique que chez les Aborigènes australiens.


 

  Le mythe prométhéen énonce un double problème : celui  d’abord, du choix entre bonheur naturel inconscient et lutte pour le progrès technique, et celui, ensuite, de la croissance et de la démesure du pouvoir des Hommes, potentiellement destructeur. Cette hybris, ou folle volonté d’égaler les Dieux, se double d’un conflit œdipien profond : qui, du Créateur ou de la créature, devra finalement survivre, transmettre la vie aux générations futures et ainsi légitimer ses propres actions ?

 

 


 
Questionnaire pour les élèves :


La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 


NIVEAU 1

 

-    Quels sont le titre et le sous-titre de cet album ?
Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

-  Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

-  Que représente l’illustration principale ? (la décrire)

 

-   Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-   Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?
Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

 

NIVEAU 2

 

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après ce titre et ce visuel, imaginez en quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-   Trouvez le rapport le plus évident entre le titre et l’illustration. Quels détails peuvent indiquer un récit du genre « anticipation » (chercher au besoin la définition de ce terme dans un dictionnaire) ?

 

-    Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

NIVEAU 3

 

-   Essayez de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait-elle lourde ou légère ? Explicitez vos choix.

 

-    Faites des recherches sur le Mythe de Prométhée et le mécanisme d’Anticythère.

 

-    Argumentez autour de la question suivante : le Progrès et la Connaissance sont-ils dangereux pour l’avenir de l’Humanité ? Tentez de trouver des œuvres (romans, pièces de théâtre, bandes dessinées, films, etc.) en rapport avec cette interrogation.

 



  Lecture et analyse de la couverture :

 

Outre un titre renvoyant diversement et sans doute confusément aux mythologies antiques, le lecteur de Prométhée t.01 : Atlantis devrait vraisemblablement se poser la question du genre auquel se réfère l’album : aventure, historique, fantastique et science-fiction seront sans doute les réponses les  plus immédiates, sans excluer ni la notion de thriller ni celle de polar ésotérique, deux modes récentes venant rattacher l’œuvre à l’univers littéraire et filmique américain.

 


  En y regardant de plus près, ce même lecteur s’apercevra fort justement que le monde des couvertures de bande dessinée et  des affiches de films sont décidemment deux univers de pus en plus proches : l’ultra réalisme du dessin favorise cette conception, ainsi que la reprise d’un standard du genre, celle de la métropole américaine ravagée par une force supérieure, qu’elle soit d’origine naturelle ou non. Quelque part entre la documentation liée aux attentats du 11 Septembre 2001, la fiction des effets spéciaux du cinéma hollywoodien (on citera les destructions récurrentes de New-York visibles dans Armageddon (M. Bay - 1998), Indépendance Day (R. Emmerich - 1996), Deep Impact (M. Leder - 1998) ou Je suis une légende (F. Lawrence - 2007) et la reprise du mythe de l’Atlantide, la partie inférieure du visuel est largement évocatrice. On y repérera surtout un lien discret entre Passé (Atlantide et Atlas), Présent (la navette spatiale américaine Atlantis) et Futur (le sort de l’Humanité, soutenu ou non par Atlas…) qui permet de mettre en abyme le mythe prométhéen précédemment évoqué.








 

  Prométhée
, justement, visible et duel (titré et incarné), en proie à son combat perpétuel contre le Temps et devant, en parallèle, affronter son destin de supplicié (mort et régénération) : il devient par là-même l’image en reflet du Héros traditionnel, l’histoire de la série étant indiquée en creux : une lutte contre la montre ou les éléments pour sauver l’Humanité courant à sa perte. L’homme est cependant démuni (nu) dans cette lutte terrifiante et devra en quelque sorte percer les mystères du temps et de l’espace, symbolisés ici par une horloge à priori énigmatique pour un non-spécialiste de langue grecque.

 


 (Suite et fin de cette analyse dans la partie 2 :

  
http://couverturedebd.over-blog.com/article-25504991.html)


 
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 10:40

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

Prométhée t.01 :

Atlantis

 


Christophe Bec

 

Ed. Soleil, 2008

 

 


 (Première partie de cette analyse :

http://couverturedebd.over-blog.com/article-25504874.html )

 

 

·  

Revenant sur la genèse graphique de la couverture (cf. le dossier et l’interview déjà disponibles sur ce blog : http://couverturedebd.over-blog.com/article-25061420.html), Christophe Bec explique :

 


 
En se basant sur la couverture, le lecteur potentiel ne peut que deviner un ensemble d'éléments reliés au genre "catastrophe" (temps compté, humanité condamnée par les dieux, ville et buildings en ruine à la manière du "11 Septembre") : le sous-titre l'engage cependant sur le terrain des grandes énigmes (l'Atlantide), voir du paranormal. Un choix voulu ?



  Le titre de ce tome 1 "Atlantis" vient avant tout de la navette du même nom. Ensuite, l'histoire de Prométhée semble liée à la mythologie grecque et Platon notamment a écrit des textes sur cette cité. Y'a t-il un lien réel ? Je ne peux bien évidemment rien révéler sur la chose à ce stade. Ensuite il est juste d'y voir un lien avec les "films catastrophes", j’ai en effet un peu monté ce tome 1 comme un film de ce genre : une montée en puissance de présages puis d'évènements mineurs qui vont conduire à une catastrophe de plus grande ampleur, et présentation de chacun des personnages sur lesquels on va se concentrer afin de faire vivre l'histoire plus de l'intérieur face aux évènements planétaires. Le micro et la macro en quelques sortes. Déjà, certains lecteurs imaginent que tous les personnages vont être amenés à se croiser... là non plus je ne répondrai pas, même si c'est une forte probabilité. La question est si cela s'avérait juste : dans quelles circonstances ?


 

  Ce Prométhée est en lui-même un mystère : on devine le narrateur omniscient, voir le héros mythologique prêt une seconde fois à secourir les hommes contre le Destin imposé par les "Dieux", mais d'où vient-il au juste, de quel élément graphique (Rubens ?) s'inspire t-il ?

 
  J'ai déjà répondu à cette question (notes : voir lien et dossier proposés plus haut), j'ignore la source exacte, mais le style ne semble pas être du Rubens par contre ! J’ai utilisé ici une œuvre citée sur Internet mais dont je n’ai jamais retrouvé la source exacte…

 

 

  Le rapport au temps de la cité semble destructeur : on songe donc à l'Atlantide, Pompéi, Lisbonne, San Francisco ou New York, ainsi qu'aux Merveilles du Monde détruites et aux civilisations disparues. La couverture cherche-t-elle à engager un rapport à l'Anticipation dans cette voie ?

 
  Bien entendu, mais là encore je ne peux rien révéler sous peine de dévoiler de futurs rebondissements de mon histoire, mais la remarque est tout à fait juste. Il est clair que cette image de ville détruite en couverture et plus qu'un simple présage, peut être la vision d'un futur proche ?

 

 

  Le A de Atlantis (visible aussi dans le o de Prométhée), et une référence claire aux Titans via un Prométhée jouant le rôle d'Atlas (soutien la voute céleste) : doit-on y lire une seconde genèse du monde, un retour aux sources radical pour un redémarrage à zéro (A comme Adam, apprenti, etc.) ?



  C’est effectivement une parfaite analyse des codes cachés dans cette couverture,  mais je ne peux toujours pas en dire beaucoup plus, sinon qu'en effet, il y  aura dans cette série une sorte de jeu de piste, on verra cela assez vite, dès le tome 2. La symbolique est très présente dans ce tome 1 et elle n'est pas là par hasard, c'est tout ce que je peux dire. Mais le code principal, celui qui amènera une grosse partie de la révélation et des explications est bien caché dans ce tome 1, mais subtilement implanté, si bien que ce n'est qu'une fois que l'on aura la réponse que cela paraîtra évident. Réponse donc dans quelques années, et quelques tomes !

 


 

  On pourra voir, dans les projets successifs de couvertures, la volonté de rapprocher cet album d’une « chaine » picturale impressionnante : citons notamment le Prométhée enchainé (Rubens - 1611), le Supplice de Prométhée (G. Assereto, XVIIème siècle), Prométhée enchainé (E. Brunet - 1885) et Prométhée (J. Delville - 1907). On y rajoutera la sculpture de James Pradier (1827) visible au Musée du Louvre.


















 


 

 
  Céramique grec, Théâtre, Sculpture, Peinture, Bande Dessinée, Photographie et Infographie : l’Art selon Christophe Bec invoque, dès  son positionnement en couverture, toute la question de la place de la création artistique face à une actualité et un avenir incertains. Le Beau est-il dans le Destruction et le Refondation, ou l’Art doit-il comme, tout Savoir et toute Technique, s’appuyer sur le Passé pour envisager l’Avenir ? La réponse à cette question est à vrai dire recherchée depuis les origines :

 

 
 Ce monde-ci, le même pour tous les êtres, aucun des dieux ni des hommes ne l'a créé ; mais il a toujours été, et il sera un feu toujours vivant, s'allumant avec mesure et s'éteignant avec mesure.

 


 
Son ignorance, mieux vaut la cacher.


        Héraclite, Fragments n° 30 et n°95.

 

 

 

 

·     Pistes supplémentaires :

 

-      http://www.soleilprod.com/?page=Catalogue.Serie&id=562 : page consacrée à la série (éditions Soleil).

 

-      http://www.phylactu.fr/tag/promethee/ : planches, dossiers et interview de l’auteur.

 

-      http://www.bdtheque.com/interview-christophe-bec-35.html : interview sur le parcours et  l’œuvre de l’auteur.

 

 

 
Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Christophe Bec / Editions Soleil. 2008.

  
  L’interview de l’auteur et les visuels sont ici reproduits avec l’aimable autorisation de Christophe Bec.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 18:05

 

 

 

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

La Jeunesse de Blueberry t.01

 

Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

 

Ed. Dargaud, 1975

 

 

 

 

Dossier téléchargeable : http://dl.free.fr/rIYh0yocs

 

 

 

·     L’intrigue en résumé :

 

 

 

   Trois histoires composent l’album :

 

- 1861 : début de la Guerre de Sécession. Victime d’un complot, Mike Donovan est accusé d’avoir assassiné le père de sa petite amie Harriet Tucker ; il doit fuir et rejoint les troupes nordistes en tant que clairon,  adoptant au passage le nom Blueberry  (« myrtille »).

-  Hiver 1861 : Blueberry doit faire sauter le fameux pont de Chattanooga (ville de l’état du Tennessee, aux frontières de la Géorgie) qui se trouve sur une voie de ravitaillement sudiste.

- Eté 1862 : Blueberry doit empêcher les Sudistes du Général Lee de s’emparer de  près de 3000 chevaux mustangs, devant ensuite leur permettre d’effectuer un raid décisif sur Washington, capitale nordiste.

 

 

 

·     Blueberry, un dessin de la légende de l’Ouest :

 

 

  En matière d’univers Western, la série Blueberry constitue encore, plus de quarante-cinq ans après sa création, la référence absolue. C'est en 1963 qu'est en effet lancé ce personnage pour le journal Pilote par Charlier (scénario) et Giraud (dessin). Ils campent au départ un solide soldat qui s'affiche physiquement comme le sosie de l’acteur Jean-Paul Belmondo, ressemblance qui s'estompera au fil des épisodes. Blueberry est une forte tête : teigneux, pas toujours respectueux de la rigueur militaire, indiscipliné, il n'hésite pas parfois à déserter pour remplir au mieux ses missions. Le scénario utilise tous les poncifs du Western américain avec tout ce qu'il faut de rebondissements et de personnages pittoresques (Mac Clure, Angel Face, Red Neck, Chihuahua Pearl, etc.), sans compter les Indiens, amplement réhabilités par les auteurs, ce qui constitua aussi à démarquer la série des poncifs du genre.

 

 

  Parallèlement au cycle classique de la saga de Blueberry, Jean Giraud dessine entre 1968 et 1970  la jeunesse du futur lieutenant, dans une période chronologique précise, s’étalant de 1861 à 1867. Cette série, sobrement intitulée La Jeunesse de Blueberry, reprend son cours en 1985, sous le crayon de Colin Wilson, très respectueux du style imposé par Giraud. En 1990, après la mort de Charlier, François Corteggiani reprend le scénario tandis que le graphisme est assuré par  Michel Blanc-Dumont : la  série officielle signée Giraud se poursuit encore actuellement (28ème titre sorti en 2005), tandis que le 17ème titre de la Jeunesse de Blueberry est paru en Novembre 2008.

 

 

 

  Les albums ont successivement été édités par Dargaud (22 titres, l'essentiel du fond) puis par Fleurus/Hachette, Novédi, Dupuis et enfin par Alpen pour "Chihuahua Pearl" et "Marshall Blueberry" (ce dernier titre formant une minisérie de 3 albums, dessinés par William Vance). C'est à nouveau Dargaud pour une large part qui édite les albums (quelques titres chez Dupuis également) et qui a entrepris leur réédition, re-maquettés et agrémentés de nouvelles couleurs.

 

 

 

 

·     Questionnaire pour les élèves :

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

 

NIVEAU 1

 

-         Quel est le titre de la série ? Le titre de cet album est-il mentionné ?

Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

-         Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

-         Que représente l’illustration principale ? (la décrire)

 

-         Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-         Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?

Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

 

NIVEAU 2

 

-         Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après ce titre et ce visuel, imaginez en quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-         Lister toutes les oppositions visibles sur cette illustration. Quelles conclusions pouvez-vous en tirer ?

 

-         Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

 

NIVEAU 3

 

-            Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait-elle lourde ou légère ? Expliciter vos choix.

 

-           Que symbolise le dessin de couverture ? Quelle est d’après vous la caractéristique du personnage principal ?

 

-           La guerre, le soldat et l’armée sont-ils valorisés sur cette couverture ?

 

-            Chercher de la documentation sur le contexte de la Guerre de Sécession et la situation des Etats-Unis en 1861.

 

 

   

·     Lecture et analyse de la couverture :

 

 

 

Il faudra avoir lu cette triple  aventure de Blueberry pour confirmer un sentiment inconscient et premier : la scène choisie en couverture ne fait référence à aucune scène précise de cet album, mais bien à l’univers de l’ensemble de la série. Le héros est un combattant parmi d’autres, au sein du conflit le plus meurtrier de l’Histoire Américaine, la Guerre de Sécession (1861-1865).

 

 

 La jeunesse et la fougue du personnage central, identifiable comme le héros, répondent clairement au titre de la série, mais tranchent avec ce que l’on connait par ailleurs du personnage adulte, pour le coup archétypal à l’inverse de l’antihéros.  Blueberry semble néanmoins être ici un meneur d’hommes à valeur exemplaire, voire héroïque au sens premier du terme. Sa jeunesse et son traitement graphique, au 1er plan de cette couverture, sont en opposition avec le second plan (soldats plus âgés et teintes chaudes). L’angle de vue en plongée accentue encore le sentiment d’un champ de bataille tour à tour monstrueux, infernal et dévoreur d’hommes : ceux-ci sont réduits à l’état de débris dénués d’âmes, au même titre que les restes d’objets visibles au sol.

 

 

L’opposition des tons est très visible : teintes chaudes et froides s’opposent et concourent à rendre le spectacle dantesque (le sang, la boue, la haine, des soldats plongés dans la barbarie entre troncs déchiquetés et rochers informes) ; il ya par conséquent négation de toute forme de vision  romantique du conflit, les soldats nordistes n’ayant nul espoir, entrainés malgré eux dans l’Enfer par la fougue désespérée du jeune héros. Celui-ci adopte une position de force relative, en défendant dans tous les cas un étendard malmené et usé par le conflit.

 

 

 

·     Pistes supplémentaires :

 

-     http://www.blueberry-lesite.com/home.htm : site dédié à la série (éditions Dargaud).

 

-     http://www.dargaud.com/front/albums/series/couvertures.aspx?id=1633 : page Dargaud présentant toutes les couvertures de La Jeunesse de Blueberry.

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Charlier/Giraud -  Editions Dargaud. 1975.

 

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 08:40

 

 

Une fois n'est pas coutume, le dossier "Première de couverture" est cette-fois aussi une avant-première, puisque l'album consacré (Prométhée t.01 : Atlantis, édité chez Soleil) ne parait que le

 26 Novembre 2008...

 

Christophe Bec se livre à un jeu de questions-réponses concernant la génèse de ce projet et bien sur de la couverture de ce premier opus encore mystérieux.

 

 

 

 

 

- Histoire, mythe, mythologie : l'histoire de l'album Prométhée semble conjuguer ses trois notions... Histoire, Science-Fiction et... voyage dans le temps ?

 

 

  D'emblée j'écarte une des notions citées : l'Histoire. Même s'il y a une introduction dans ce premier tome à l'époque des conquistadors, ma série est avant tout un récit contemporain, légèrement futuriste même devrais-je dire, puisque les évènements se déroulent en 2019. Ensuite oui, il y a un aspect mythologique lié, comme le titre l'indique, à Prométhée, mais ce ne seront que des saynètes qui viendront par intermittences, disséminées tout au long des albums. Quant au voyage dans le temps, ce n'est pas du tout la question de la série. Alors sans doute pouvons-nous appeler ça de la Science-Fiction, quoique, l'Anticipation serait peut être le terme le plus adapté. Mais finalement, je crois que Prométhée ne s'inscrit pas à proprement parler dans un genre clairement défini, pour moi il est plutôt au carrefour de genres comme le film Catastrophe ou le récit d'Anticipation.

 


- Prométhée : un titre évident ? La métaphore de la connaissance (et du pouvoir de création/destruction donné aux hommes) a dû sérieusement titiller un Ch. Bec démiurge de sa création et de la série, reprenant même le crayon pour cette nouvelle aventure...

 

 

Alors bien-sûr, je ne peux pas déjà dévoiler la raison de ce titre, mais bien-sûr le thème de la série est lié au mythe de Prométhée. J'ai en effet été sensibilisé dès mon plus jeune âge à la mythologie grecque au travers d'un livre de vulgarisation écrit par Michael Gibson intitulé « Les plus belles histoires de la Mythologie » et magnifiquement illustré par Giovanni Caselli, cet ouvrage m'a marqué à jamais, et est clairement devenu le déclencheur de mon envie sur la série Prométhée. Ensuite, si j'ai repris le crayon sur cette série, c'est suite aux ennuis financiers des Humanos (Notes : Les Humanoides associées) et ma décision d'arrêter (momentanément) le dessin, il fallait que je me relance sur un projet ambitieux, ne serait-ce que financièrement. L'histoire de Prométhée me trottait déjà dans la tête depuis un petit moment, je l'avais même « pitchée » à l'époque à mon directeur de collection aux Humanos qui avait été bien accroché par le thème central de cette histoire. Lorsque j'ai signé chez Soleil, je me suis orienté naturellement vers le développement de ce récit. En fait, je me le suis un peu taillé sur mesure, allant ce vers quoi je pense être mes forces.

 


 - Prométhée et l'hybris humaine : un récit mettant en scène la survie de la Terre (écosystème) ou strictement celle de l'Humanité ?

 

 

Celle du l'Humanité, mais une Humanité sans doute condamnée par le traitement qu'elle inflige à sa planète entre autres, et qu'elle s'inflige à elle-même. Mais ce n'est pas un récit écologique comme peut l'être Carthago (avec Eric Henninot, Humanoïdes Associés) par exemple. Le questionnement est tout autre.

 


- La couverture : Prométhée subi déjà la vengeance divine : le temps semble donc compté pour l'Humanité ?

 

 

Oui, en effet, une suite d'évènements planétaires qui se produisent tous les jours à 13 heures 13 semblent peu à peu menacer l'Humanité, ces terribles évènements sont là comme des présages. La question est : qui ou quoi est derrière tout ça ? D'autant plus qu'un de ces évènements n'est finalement pas si destructeur que cela, ce serait même l'inverse...

 

 

 

- Une explication du processus de maturation de cette couverture ?

 

 

 La réalisation d'une couverture est un exercice que j'affectionne tout particulièrement et dans lequel je crois être plutôt à l'aise. Mais ici, je voulais un peu renouveler mes visuels, me remettre en question, tenter autre chose. Le premier changement est que c'est un traitement en couleur directe, une peinture réalisée sur Photoshop contrairement à celles que j'avais réalisé précédemment qui étaient toutes au trait. Au niveau de la composition même, je voulais quelque chose de plus complexe que sur la série Sanctuaire qui fonctionnait sur un même mode assez simpliste : un personnage en petit dans un décor immense et inquiétant. Ici, je voulais que plusieurs messages passent : je voulais montrer une représentation de Prométhée enchaîné, la notion de temps, la notion de l'espace, les mauvaise présages et la menace sur l'Humanité.


 

 

 

 

 

  Pour la représentation de la menace je me suis très vite orienté vers une ville dévastée, même s'il n'y a pas de catastrophe d'une telle ampleur dans le tome 1. Finalement, j'avais là mon augure, le mauvais présage qui plane sur l'Humanité, une possible annonce d'un futur proche, une scène terrible que l'on retrouvera dans les tomes suivants. Pour le bas de l'image je me suis donc largement inspiré de photographies du World Trade Center après le 11 Septembre, cette catastrophe est dans tous les esprits et c'est cette représentation là que j'ai voulu capter (voir photos 1 et 2).

 


 

 

 

 Pour le temps et l'espace, je me suis naturellement orienté vers une horloge astronomique, celle de la ville de Berne (voir photo 3). Un temps, j'ai pensé intégrer le fameux mécanisme d'Anticythère (voir la reconstitution actuelle en photo) dont il est question dans l'album, mais finalement je ne l'ai pas trouvé assez parlant au niveau visuel. Je tiens à préciser quelque chose sur ce mécanisme, même si Prométhée peut être définie comme une série de Science Fiction, je ne me suis pas attaché sur cet objet à une vision scientifique de la chose, mais à une approche plus romanesque, d'autant que les dernières découvertes scientifiques viennent infirmer ce que j'avance dans mon récit, mais peut importe, l'important ici est d'amener du rêve, du possible.

 

 


 

 

 

  Dans l'album, une grosse partie du récit mythologique est réalisée d'après des tableaux de grands Maîtres que j'ai redessinés (exercice difficile mais passionnant). Il en est de même pour la représentation de Prométhée en couverture, réalisée d'après un tableau dont je ne suis par contre pas parvenu à identifier l'auteur. Je laisse les lecteurs éventuellement découvrir de quel tableau il s'agit.


  Après, toute la difficulté était d'intégrer tous ces éléments, de les composer, d'en faire une illustration équilibrée avec de l'impact. Et là, ça n'a pas été une chose aisée.

 


  Mais reprenons les choses dans l'ordre, ce visuel ne s'est pas imposé d'emblée, j'ai tout d'abord réalisé 3 roughs qui n'avaient rien à voir avec le visuel actuel.


  Le premier (rough 1) intégrait Prométhée et l'horloge astronomique uniquement, ce projet manquait d'impact et la notion de menace qui planait sur l'humanité était absente.

 


 

 Le second projet (rough 2) était plus convaincant, plus d'impact, plus inquiétant, mais peut-être trop métaphorique ou philosophique.

 

 


 Le troisième projet (rough3) quant à lui était un beau dessin mais uniquement centré sur Prométhée, donc pas assez de choses dites.

 

 


 

 C'est finalement en m'orientant vers un mixage de toutes les notions que je voulais intégrer dans cette couverture que la lumière est venue.


 On notera deux versions différentes de la couverture (voir comparatif), une version plus neutre des couleurs sur Prométhée et plus bas dans l'image, qui ne le faisait pas assez ressortir et qui déséquilibrait un peu l'image en écrasant trop le bas (voir illustration finale).

 

 

 

 

- Merci pour toutes ces précisions.

 

 

 

 

Phil. Tomblaine

 

 

Interview et visuels reproduits avec l'accord de l'auteur.

 

 

Dossier pédagogique à venir dès la sortie de l'album

 

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 08:30

 

DOSSIER PEDAGOGIQUE

 

XIII Mystery t.01

 

Xavier Dorison et Ralph Meyer

 

Ed. Dargaud, 2008

 

 

Couv-finale.jpg

 

 

 

  Dossier téléchargeable :  http://dl.free.fr/qkEV5b2NR

 

 

 

·        L’intrigue en résumé :

 

         Sur le yacht LadyBee, on attend l'arrivée de XIII qui doit récupérer l'argent de son forfait. Mais l'homme qui arrive n'est pas celui attendu. Après avoir éliminé le personnel de bord, le tueur raconte son histoire à Kim Rowland, maintenue prisonnière sur le bateau, et explique comment il est devenu "La Mangouste"...

 

 

 

 

 Van Hamme, l'écriture dans la peau :

 

 

 

   Imaginée par le romancier et scénariste Jean Van Hamme (auteur des séries Thorgal et Largo Winch) et mise en images par William Vance dès 1984, la saga XIII raconte à l'origine l'histoire d'un inconnu retrouvé sur une plage, blessé par balle à la tempe gauche et ayant le chiffre XIII tatoué au-dessus de la clavicule. Il apparaît ensuite que cet homme a totalement perdu la mémoire des événements antérieurs à son réveil. Commence alors pour lui une quête vers la vérité au cours de laquelle il se verra impliqué dans un complot néofasciste, une révolution en Amérique Latine, pourchassé par des tueurs et par la justice... Il sera aux prises avec tous les « démons » de l'Amérique moderne (assassinat présidentiel (le mythe de John F. Kennedy plane sur le début de l'intrigue), Mafia, CIA, NSA, manipulations politiques de groupes industriels, corruption, Ku Klux Klan, racisme, etc.) au long de sa quête vers la mémoire, se développant sur 19 volumes dont un hors-série et un album spécial (le treizième...) auquel ce spin-off reprend justement le titre (The XIII Mystery, l'enquête, Dargaud 1999) et le prétexte narratif (dresser la fiche signalétique et la jeunesse de chaque personnage).

 

 

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 Saga éminemment populaire, XIII tire sa force d'une trame scénaristique reprise au romancier américain Robert Ludlum dans sa trilogie Jason Bourne (La Mémoire dans la peau, La Mort dans la peau et la Vengeance dans la peau (1980, 1987 et 1990) tous récemment adaptés avec brio au cinéma (de 2002 à 2007), tandis que les premiers albums de BD était adaptés pour le petit écran en une minisérie de deux épisodes. Certains reprocheront cet emprunt « voyant » fait par Van Hamme à Ludlum, mais ce serait à l'évidence réduire l'impact psychologique de la saga XIII, premier thriller adulte de la bande dessinée contemporaine, sur des générations de lecteurs, et nier la création graphique par Vance d'une galerie de personnages désormais emblématiques du genre. Si la trilogie de Ludlum se déroule par ailleurs essentiellement dans le contexte politique des années 1980, Van Hamme a réussi à donner à sa série une valeur dépassant le cadre temporel des années 1980-1990, durée pendant laquelle treize ( !) des dix-neuf albums auront été réalisés.

 

 

Image1.jpg

 

 

  DERNIER-ROUND.jpg

 

  Après avoir signifié son intention d'arrêter la série et de donner enfin une identité au héros, et après une double parution événementielle en 2007 (les albums 18 (dessiné par Jean Giraud) et 19 (dessiné par William Vance) étant publié chacun à 500 000 exemplaires), Van Hamme s'est posée la question d'une éventuelle série dérivée (spin-off) : cette dernière devait notamment permettre d'éclaircir les origines, la psychologie et les buts des seconds-rôles de la saga.

 

 

  Van Hamme décide donc dès 2007 de garder un œil sur ses personnages avec fonction de directeur de collection. Il reste ainsi garant de la cohérence du titre quand bien même son mot d'ordre reste « Messieurs, étonnez-moi ! ». La règle de XIII Mystery, simple et ludique - mais pas sans risque - n'est pas sans évoquer l'expérience éditoriale menée par les éditions Dupuis sur le personnage de Spirou : un one shot (album unique) par personnage, des auteurs différents pour chaque titre, à charge pour chacun d'apposer sa patte au mythe. Pour ce premier jet, honneur donc à la Mangouste, personnage clef dont les destinées ont été confiées à un duo de choc, le scénariste Xavier Dorison (Le Troisième Testament, Sanctuaire, WEST, Long John Silver) et le dessinateur Ralph Meyer (Berceuse assassine, IAN). Des retrouvailles avec un « méchant » d'anthologie, présent dès les origines de la série (Le Jour du Soleil Noir, Dargaud, 1984), et qui fut définitivement abattu dans l'album Le jugement, paru en 1997 (Dargaud).

 

 

 

 

·      Questionnaire pour les élèves :

 

La couverture d’une B.D. comporte deux messages : l’un écrit, l’autre dessiné.

 

NIVEAU 1

 

-    Quel est le titre de cet album ?

Le scénariste et l’illustrateur sont-ils deux personnes différentes ?

 

-  Le nom de l’éditeur apparait-il ?

 

-  Que représente l’illustration principale ? (la décrire)

 

-  Quelles sont les couleurs dominantes de cette couverture ?

 

-   Quelles informations trouve-t-on à la fois dans le titre de la série et dans l’illustration ?

Quelles informations supplémentaires donne éventuellement l’image ?

 

 

NIVEAU 2

 

-   Une couverture cherche à suggérer une histoire. D’après ce titre et ce visuel, imaginez en

quelques lignes quel pourrait être le récit de cet album.

 

-   Trouver le rapport le plus évident entre le titre et l’illustration.  Quels détails peuvent

indiquer un récit du genre « thriller» ou « policier/espionnage » ?

 

-  Cette couverture vous donne-t-elle envie de lire la B.D. ? Pourquoi ?

En quoi peut-on dire que la couverture est la « vitrine » d’une B.D. ?

 

 

 

NIVEAU 3

 

-   Essayer de décrire l’atmosphère de cette couverture. «L’ambiance» générale vous parait

elle lourde ou légère ? Expliciter vos choix.

   

-   Que connote le titre de l’album, La Mangouste ?

 

-   Chercher de la documentation sur le romancier Robert Ludlum et tentez de vous

interroger sur les valeurs morales des deux personnages récurrents de la saga que sont

XIII/ « Jason Bourne » et la Mangouste.

 

 

 

·     Lecture et analyse de la couverture :

 

La question immédiatement posée par le visuel de ce premier album XIII Mystery est celle du basculement des repères : le lecteur peut-il et doit-il trouver la même motivation à suivre les péripéties d’un criminel (même fictif) qu’il pouvait en avoir à suivre celle du héros traditionnel ? Des romans ou des films récents (Le Dernier Roi d’Ecosse (Kevin Mac Donald , 2006) sur la folie d’Idi Amin Dada ; La chute (Oliver Hirschbiegel, 2004), sur les derniers jours d’Adolf Hitler ; L’instinct de mort et L’ennemi Public n°1 (J.F. Richet, 2008), consacrés à Jacques Mesrine)  ont déjà tenté d’apporter des éléments de réponse à ce genre de questionnement, permettant le plus souvent de mettre en lumière la complexité de la personne humaine, confrontée aux coups du Destin et aux heurts de l’Histoire, et donc d’éviter tout manichéisme primaire. Placé sur l’axe de la parabole universelle plus que sur l’apologie ou la mise en œuvre d’une légende, de tels récits permettent d’approcher l’humain, ses déviances et ses peurs, pour en expliquer au mieux les terribles mécanismes.

 

Concernant La Mangouste, tueur à gages à l’efficacité redoutable, Xavier Dorison comme Ralph Meyer expliquent qu’il s’agissait fort justement de le replacer dans une perspective historique autant qu’un désir de vengeance « justifiable » a minina (dans l’album, les « contrats » du tueur concernent des criminels, pédophiles, maitres-chanteurs, etc.). Le questionnement philosophique est par ailleurs constant sur un double point : celui d’une société incapable de se faire justice elle-même, autant que sur les dérives de la vendetta personnelle…

 

 

logo.jpg

 

 

Revenant sur la genèse graphique de la couverture, Ralph Meyer explique :

 

  En ce qui concerne la couverture de la Mangouste, nous avons su très vite que le logo de XIII serait repris ainsi que la police de William Vance. Dès lors, nous sommes très vite partis, Xavier Dorison et moi, sur une idée très simple : jouer à fond l'utilisation de ces codes graphiques que Vance avait mis en place lui-même sur la série.

  Je pense notamment à ce vert sombre que l'on retrouve dans bon nombre de ses couvertures telles que Toutes les larmes de l'enfer ou Spads. 

 

larmes.jpg

 

spads.jpg

 

 La difficulté fut de trouver quelque chose de narratif dans une image au cadrage très basique : la Mangouste sur un fond vert.

 

 J'ai fait plein de projet au format timbre poste qui pour certains illustraient l'expression "avoir du sang sur les mains".

 

Premier-jet-coul-100dpi.jpg

 

 

Cover1-100dpi.jpg

 

Cover4-100dpi.jpg

 

Cover5-100dpi.jpg

 

couv-mangouste1.jpg

 

 Avec Xavier, nous avons retenu ce point de départ. C'est seulement lors de croquis plus poussés qu'est venue l'idée d'avoir en contre-point du sang, une Mangouste au visage souriant, amical, presque innocent. Dans un premier temps, j'ai eu du mal à trouver le sourire juste. Je restais quand même un peu dans le rictus que l'on connaît de la Mangouste. Mais avec l'aide de Xavier qui en avait une vision très précise, on a finalement trouvé le bon dosage.

 

Je pense que c'est ce contraste qui en fait une couverture qui peut titiller la curiosité…

 

Nous avions donc déjà ce "concept" lorsque nous en avons discuté avec Jean Van hamme et Yves Schlirf (notre éditeur) qui ont accepté notre point de vue et nous ont laissé faire. William Vance était plutôt emballé également par la direction prise.

 

 

 

 

 Ayant eu la tâche difficile de créer « une manière de faire » qui a des chances d’influer sur les futurs visuels des différents albums de XIII Mystery, Dorison et Meyer livrent une couverture forte et effectivement intrigante : le titre de cette nouvelle série insiste sur l’aspect énigmatique tout en  se jouant des connaissances des lecteurs. Ceux-ci, qu’ils connaissent ou pas l’itinérance du personnage-tueur dans la saga originelle, ne manqueront pas de s’interroger sur l’origine du sang maculant la chemise de la Mangouste. Sourire et pose décontracté, arme passée dans la ceinture, ce dernier ne semble pas perturbé par cet état des choses, révélant évidemment le cynisme cruel du personnage : à ceci, le croisement des couleurs froides (vert et bleu) et chaudes (jaune et rouge) donne tout son impact, supplantant ainsi subtilement la simplicité apparente du monde derrière lequel agit le tueur, « habillé » en noir et blanc. Placé en contrepoint et en plan américain, la Mangouste renvoie enfin aux standards du duel cinématographique : si le tueur est dans son rôle d’antagoniste, où est le héros, si ce n’est dans ce jeu de regard amusé échangé comme en reflet avec le lecteur ?

 

Et vous, à la place de ce tueur en devenir, quels choix feriez-vous ?

 

 

 

 

·     Pistes supplémentaires :

 

 

-       http://www.treize.com/ : site dédié à la série (éditions Dargaud).

 

 

-      http://www.bdxiii.com/index.html : le site non-officiel de XIII.

 

 

-      Interviews écrites, audio ou vidéo de Van Hamme et Dorison (2007 ou 2008) :

 

http://www.actuabd.com/Xavier-Dorison-1-2-Avec-XIII-on-m-a-confie-un-temple-j-ai-essaye-d-y-ajouter-ma-pierre

 

http://www.france5.fr/bd/index.php?page=bd-bande-dessinee-videos&id_document=977

 

 

Programmation des albums  à venir :

 

 

 

 

 

Dossier réalisé par Ph. Tomblaine.

Images toutes ©Xavier Dorison -  Raph Meyer/ Editions Dargaud. 2007 et 2008.

 

Les visuels sont ici reproduits avec l’aimable autorisation de Ralph Meyer.

 

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Published by philtomb - dans Déc'ouverte
commenter cet article
23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 08:27

Suite des inédits de Matthieu Lauffray avec cettes fois-ci la genèse du visuel du tome 02 de Long John Silver...

 

 

Voir le dossier principal ici :

 

 http://couverturedebd.over-blog.com/article-25048992.html

 

et

 

http://couverturedebd.over-blog.com/article-25049229.html

 

 

 

 

  La couverture du 2ème album de Long John Silver m'a posé moins de problèmes que la première…  La série était lancée, le logo était en place et ce deuxième livre était un huis clos maritime.


Il ne m'a pas fallu longtemps pour arrêter cette idée qui n'en étais pas vraiment une : dessiner un bateau. 


  Je ne vais pas me lancer dans l'éternel débat du fond et de la forme, d'abord car il est complexe et ensuite car je n'ai pas de réponses pertinentes.  Je dois tout de même préciser que lorsque j'annonçais mon intention, elle fut prise avec frilosité. La surprise m'en fut grande dans la mesure où j'attendais un argument fort recevable par ailleurs dans le genre de : 

 

« Voila une idée bien bateau ! » 

 


Je m'y préparais donc mais le reproche fut de toute autre nature et bien plus inattendu : 

 

peut-on faire une couverture sans personnages ? 

 

 

 

 Voila un argument que je n'attendais pas. Pas une seconde je n'avais pensé à ce problème auparavant, et voulez vous que je vous dise ? Je suis sur que vous non plus... 

 

 

  Il y a une raison à cela, c'est le genre d'argument que l'on entend chez les professionnels, car à force d'être professionnel on oublie l' « évidence », on raffine, on élabore et bientôt on oublie l'évidence ; un bateau c'est cool et ça a une fichue gueule !  Mais le doute était là...

 


Nous nous sommes donc mis à la recherche d'une seconde idée. 

 

 Je ne vais pas détailler le processus complet, mais voilà ce que cela donna :

 

 

  ljscoverdost202.jpg

 

Peut-être aurait-ce été plus approprié, plus spectaculaire, je serai bien incapable de le dire et vous laisse le soin de le déterminer... En parallèle, je tenais bon sur mon idée première et esquissait quelques roughs

 

  

 ljscovert2rough01.jpg

 

ljscoverdost2light.jpg  

 

 

 J'aimais l'idée du vent du large, de la simplicité de cette image sans "actions" proprement dite, sans conflits. 

 

 Une image qui dise la beauté d'un navire immense bravant les flots, avançant vers l'inconnu ! 


 Mais voila, je trouvais tout cela bien  mou. J'avais beau saturer, basculer l'horizon, recadrer, rien à faire. Etais-je incapable de résoudre cette image ? Etait-ce une mauvaise idée ? 

 

 


  Ce fut François Lebescond, notre éditeur, qui me mis sur la voie. Un éclair, me dit-il... 

 

Un Eclair ! Mais oui ! C'était évident, un contraste maximum pour un effet silhouette optimum ! Il fallait essayer !


Je me remis au boulot et voila le rough obtenu : 

 

ljscoverdost201.jpg

 

 

Cette fois ce fut l'évidence, et il n'y eu plus qu'à finaliser la coquine sans trop perdre l'irremplaçable nervosité d'un dessin gestuel, ouvert, qui laisse ainsi toute sa place ou pouvoir d'expression du dessin. 

 

 

ljscovert2final.jpg

 

 

 

Fin...

 
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